23/01/2012

Candidature aux élections législatives de Marie-Claire CARRERE-GEE


Je serai candidate aux élections législatives pour la 11è circonscription de Paris contre le Maire du 14è Pascal Cherki.

Il s’agit d’une candidature naturelle et incontestée localement. Je m’y prépare depuis 5 ans, dans le 14è où j’habite depuis plus de 15 ans, comme leader de l’opposition au Conseil d’arrondissement et comme déléguée de circonscription, élue par les militants du 14è et du 6è. Et cela au prix de beaucoup de travail et d’une implantation méthodique.

Il s’agit d’une décision personnelle et qui m’engage, mais ce n’est pas une décision individuelle. Depuis 2007 où j’ai repris les rênes de l’opposition dans le 14è arrondissement en conduisant la liste soutenue par l’UMP, le Parti Radical et les centristes, je travaille avec une équipe très soudée, compétente et active sur le terrain. Ma candidature est soutenue par les autres élus UMP du 14è.

Le 11 janvier dernier, malgré tout le soutien de la Fédération de Paris que je remercie, la Commission d’investiture de l’UMP a décidé de ne pas m’accorder l’investiture. Elle l’a accordée à M. Lecoq, élu du 6è. J’ai laissé plusieurs jours aux instances de mon parti pour revoir cette décision, ce qui n’a pas été fait.

La décision de la Commission d’investiture est de mon point de vue une lourde erreur politique.  La 11è circonscription est composée, pour près de 85%, d’habitants du 14è, et seulement 15% du 6è. Le seul bon sens permet de comprendre qu’une telle circonscription ne peut se gagner qu’à partir du 14è. C’est naturellement le choix qu’a fait le PS. Faire l’inverse, c’est clairement laisser cette circonscription à la gauche. Je ne m’y résigne pas, non plus que les élus et les militants du 14è.

De surcroît, M. Lecoq, dissident du 6è arrondissement lors des dernières élections sénatoriales, est récompensé pour sa dissidence par un parachutage dans le 14è. Un troisième parachutage en trois élections législatives! Cette décision foule aux pieds tout le travail, tout l’engagement et toute la loyauté des élus, cadres et militants de l’UMP du 14è dont je suis.

Cette décision est également indigne. Elle a été obtenue en moins de cinq minutes à la suite d’une charge extrêmement violente du Président de la Commission d’investiture, M. Jean-Claude GAUDIN, qui a affirmé d’emblée et avec autorité qu’il n’était pas question de m’accorder l’investiture car je suis mariée avec Frédéric THIRIEZ, qui a été membre du cabinet de Gaston DEFFERRE, ministre de l’Intérieur, au début des années 80.

Soyons clairs : je n’ai jamais compté sur le fait d’être une femme  pour être investie par le parti auquel j’appartiens.
Le fait d’être une candidate incontestée sur le terrain, la compétence et la fidélité des engagements me paraissent être de meilleurs arguments. Mais je ne pensais pas qu’être une femme pouvait être à ce point un obstacle, dans une circonscription gagnable pour l’UMP à Paris. Je suis scandalisée par ce viol de ma vie personnelle. Je suis scandalisée que l’UMP sanctionne avec une telle brutalité un « délit de mariage ».  Je n’ai pas à choisir entre ma famille et mon engagement politique. C’est indigne d’un parti moderne, en 2012.

Depuis que je suis élue, personne ne m’a jamais entendue participer aux guéguerres politiciennes à Paris et aux combats dignes d’une cour d’école qui la caractérisent assez souvent. Ils portent gravement atteinte à la confiance de nos électeurs, à l’image des élus et, au total, aux intérêts des Parisiens. Tout le monde, m’a, en revanche, entendue sur les combats de terrain, le plus souvent aux côtés d’associations locales et toujours aux côtés des habitants. Je ne changerai pas de ligne de conduite. Mon seul adversaire, que moi seule peut battre, c’est Pascal Cherki, le Maire du 14è.

La décision de mon parti, bien sûr, me désole. Mais elle ne peut être mise en balance, ni avec mes convictions – je suis activement engagée dans la famille gaulliste depuis l’âge de 16 ans – ni avec ma détermination à me battre de toutes mes forces -et mes équipes avec moi-, au cours des semaines qui viennent, pour gagner, d'abord, les élections présidentielles et pour gagner, ensuite, les élections législatives, dans l’intérêt des habitants des 6è et 14è arrondissements.

20/01/2012

PARIS, 18 jan 2012 (AFP)

La présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), Marie-Claire Carrère-Gée, s'est félicitée mercredi des mesures annoncées à l'issue du sommet social, et notamment celles visant à améliorer la formation des chômeurs, jugeant la situation actuelle "scandaleuse".
A l'issue du "sommet de crise" réuni à l'Elysée avec patronat et syndicats, le chef de l'Etat a insisté sur la formation des chômeurs "très éloignés de l'emploi" en annonçant une enveloppe de 150 millions d'euros.
"Ceux qui ne connaissent plus d'activité professionnelle depuis au moins deux ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation", a-t-il dit.
Pour Mme Carrère-Gée, interrogée par l'AFP, "qu'on veuille s'attaquer à ce problème, lié à une gouvernance extrêmement défaillante parce que beaucoup trop complexe, est une excellente chose".
"C'est un vrai scandale aujourd'hui que si peu de demandeurs d'emploi aient accès à la formation", a souligné la présidente du COE, notant que "40% des demandeurs d'emploi pour lesquels une formation a été prescrite ne sont toujours pas en formation six mois après".
"Le B.A.-BA du service que l'on doit rendre aux chômeurs, c'est de bien les accompagner et leur permettre de se former pour favoriser une reprise rapide de l'emploi. Dans le système tel qu'il fonctionne aujourd'hui, ce n'est pas le cas, loin s'en faut", a-t-elle insisté.
De façon plus générale, Mme Carrère-Gée a salué l'issue du sommet, relevant que le COE avait "proposé l'ensemble des mesures" annoncées par le chef de l'Etat.
"Tous les leviers sont actionnés: on cherche à éviter les licenciements avec le chômage partiel, à doper les embauches, notamment celles des jeunes, à aider les petites entreprises, et à aider les chômeurs à retrouver rapidement du travail", s'est-elle félicitée.
"Si les ministères et les partenaires sociaux se retroussent vraiment les manches pour passer de l'annonce à l'application sur le terrain, ce sont de très bonnes décisions qui seront efficaces pour l'emploi", a-t-elle souligné.
chl/db/nm

DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE 19 janvier 2012

Les chômeurs restent à l’écart de la formation professionnelle

Les chômeurs devraient être au cœur d’une «réforme radicale» de la formation professionnelle, souhaitée par Nicolas Sarkozy, reconnaissant de fait l’inefficacité de celle à l’œuvre depuis fin 2009.

 
Cette vaste refonte était censée recentrer la formation sur ceux qui en ont le plus besoin, les salariés victimes de licenciements ou peu qualifiés. Deux ans après, une petite minorité, « 10 à 15%», de demandeurs d’emploi «bénéficient à proprement parler de formation», a reconnu hier le ministre du Travail, Xavier Bertrand.

En 2009, 576 000 demandeurs d’emploi avaient entamé une formation d’une durée supérieure à un mois, un chiffre en baisse de 5% sur un an, alors que le chômage était en forte hausse. La Dares (services du ministère du Travail) recensait 8% des demandeurs d’emploi en formation fin 2009.

Les salariés restent les principaux bénéficiaires des fonds de la formation continue (61%) devant les jeunes (25%, apprentissage) et les demandeurs d’emploi (13%). Le problème vient «d’une gouvernance extrêmement défaillante parce que beaucoup trop complexe», estime la présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), Marie-Claire Carrère-Gée. «40% des demandeurs d’emploi pour lesquels une formation a été prescrite ne sont toujours pas en formation six mois après», note M me Carrère-Gée.

L’écart entre les demandes des chômeurs et les formations réellement effectuées est énorme, et ce depuis longtemps (44% de chômeurs formulent le souhait d’une formation, 16% ont le feu vert, 7% l’ont effectivement effectuée après 6 mois, selon une étude de la Dares basée sur des données de 2002 à 2004).

«En dépit des avancées de la loi du 21 novembre 2009, notre système de formation professionnelle reste très fragmenté entre tous les acteurs, ce qui nuit à son efficacité», a expliqué le président de la République.

«Il y a trop d’acteurs autour de la table», estime la présidente du Medef qui croit beaucoup à un dispositif nouveau piloté par Pôle emploi: la Préparation opérationnelle à l’emploi (POE) permettant d’offrir une formation individualisée à un chômeur qu’une entreprise veut embaucher, l’entreprise communiquant son besoin précis. Le Medef s’est engagé sur un objectif de 60 000 emplois en 2012 (après 10 000 POE en 2011).

Les financeurs aussi sont nombreux: les 31,3 milliards d’euros de la formation continue en 2009 ont été supportés par les entreprises (41%), l’État (16% hors dépenses pour ses propres agents, 35% en comptant la fonction publique), les régions (14%), Pôle emploi (5%), les ménages eux-mêmes (4%) et d’autres organismes publics (1%). Un parcours du combattant pour les chômeurs.

TF1.fr

Formation des chômeurs : s'attaquer à ce problème est une "excellente chose"

 

La présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) Marie-Claire Carrère-Gée, s'est félicitée mercredi des mesures annoncées à l'issue du sommet social, et notamment celles visant à améliorer la formation des chômeurs, jugeant la situation actuelle "scandaleuse". A l'issue du "sommet de crise" réuni à l'Elysée avec patronat et syndicats, le chef de l'Etat a insisté sur la formation des chômeurs "très éloignés de l'emploi" en annonçant une enveloppe de 150 millions d'euros. "Ceux qui ne connaissent plus d'activité professionnelle depuis au moins deux ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation", a-t-il dit.

20 minutes.fr EMPLOI - La France compte 2,8 millions de demandeurs d'emploi

Le chômage a atteint en novembre son plus haut niveau depuis 12 ans, avec 29.900 personnes supplémentaires sans aucune activité inscrites à Pôle emploi, pour atteindre un total de 2,8 millions de personnes, selon les chiffres du ministère du Travail publiés lundi.

En France métropolitaine, 2.844.800 demandeurs d'emploi étaient sans activité fin novembre (+1,1% sur un mois, +5,2% en un an), un niveau inégalé depuis les 2,849 millions recensés en novembre 1999.

En incluant les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite, 4.244.800 personnes étaient en quête de travail (+1,2% sur un mois, +5,6% sur un an), 4.510.500 avec les départements d'outre-mer.

Efforts du gouvernement

"On prévoit une croissance nulle pour les 18 mois à venir et donc, naturellement, les entreprises n'embauchent pas et cherchent au contraire à diminuer leur personnel", a expliqué Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE, à l'AFP-TV.

"Pour 2012, on s'attend à une année tout à fait catastrophique. On s'attend à finir l'année avec un taux de chômage de l'ordre de 10,7%", a-t-il ajouté.

Le ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand a récemment repoussé la perspective d'un chômage à 10,4% fin 2012 comme le prévoit l'OCDE.

Néanmoins, le ministre ne prétend plus que le taux de chômage, qui a grimpé à 9,3% au troisième trimestre, sera repassé sous la barre des 9% à la fin de l'année. Il insiste sur le fait que les efforts du gouvernement, compliqués par la résurgence de la crise, vont finir par porter leurs fruits.

Difficile d'endiguer la hausse du chômage

Lundi, il a simplement "pris acte" de la nette hausse du nombre de demandeurs d'emploi, y voyant une "conséquence directe du ralentissement de l’activité économique" et assurant qu'il restait "entièrement mobilisé".

De nombreux économistes estiment cependant difficile d'endiguer la hausse du chômage dans le contexte d'austérité actuel.

Face à l'urgence, le président Nicolas Sarkozy a convoqué pour le 18 janvier un sommet sur l'emploi, que la CFDT notamment réclamait depuis l'annonce, l'été dernier, du premier plan de rigueur concocté par le gouvernement.

"Le sommet pour l'emploi, en lui-même, sera un bon signal pour la confiance (...) car ce qui pénalise aujourd'hui les embauches, c'est moins la situation économique que pas assez de visibilité, pas assez de confiance", juge Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE).

Un sommet pour l'emploi concret

Mme Carrère-Gée se dit convaincue que "l'Etat et les partenaires sociaux sauront agir vite et efficacement, comme en 2008-2009" avec par exemple des mesures en faveur de la simplification du chômage partiel, pour aider les TPE à embaucher ou augmenter les contrats aidés.

"Il faut un sommet social où le gouvernement fasse des efforts avec des choses très concrètes", plaide pour sa part Laurent Berger, secrétaire national CFDT en charge des questions d'emploi. Car "même si on ne s'attendait pas à un cadeau du Père Noël, les chiffres sont très, très mauvais", a-t-il relevé auprès de l'AFP.

Critiques de l'opposition

De son côté, le PS a résumé le "bilan de Nicolas Sarkozy" à "un million de demandeurs d'emploi supplémentaires en une mandature". "Derrière les effets de manche, derrière les coups politiques - personne n'est dupe des visées électoralistes du +sommet pour l'emploi+ -, il est temps de s'en préoccuper à 4 mois de l'élection présidentielle", a commenté Alain Vidalies.

Le FN a observé pour sa part que "mois après mois, le gouvernement Sarkozy bat tous les records du chômage".

"Il faudrait naturellement un certain changement de politique économique", souligne de son côté Henri Sterdyniak, en s'interrogeant sur le report de l'âge de la retraite et la défiscalisation des heures supplémentaires.

18/01/2012

20 Minutes

TRAVAIL - Alors qu’un septième mois consécutif de hausse du chômage est à prévoir, à quelques minutes de la publication des chiffres de novembre, Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE, s’inquiète dans «Les Echos»…

La présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) affirme dans les colonnes du quotidien économique Les Echos que la hausse continue du chômage est le résultat du flou entourant la situation économique qui pousse les entreprises à geler leurs recrutements. Elle s’inquiète surtout du chômage longue durée (dit structurel) qui touche 600.000 demandeurs inscrits au Pôle emploi depuis plus d’un an.

Bien préparer le sommet entre le président de la République et les partenaires sociaux

En marge de la recrudescence des plans de restructuration orchestrés par les entreprises françaises, elle place le chômage partiel comme alternative crédible aux possibles suppressions de postes (notamment pour les CDI) à venir.

Inquiète, Marie-Claire Carrère-Gée compte notamment sur le prochain sommet social entre Nicolas Sarkozy et les partenaires sociaux en janvier prochain, calqué sur celui de 2009 qui avait porté ses fruits. 

Elle anticipe ce rendez-vous en insistant sur l’aide aux personnes les plus en difficulté avec l’instauration d’une feuille de route de Pôle emploi ainsi que des contrats aidés, des contrats de professionnalisation plus longs ainsi que le dispositif zéro charge pour les très petites entreprises.

Elle suggère enfin au gouvernement de réformer le financement de la protection sociale afin de réduire le coût du travail et relancer la compétitivité.

Bertrand de Volontat

09/01/2012

Marie-Claire CARRERE-GEE invitée des Assises des Professions libérales

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Photos :  ©36nco pour l’Unapl  

03/01/2012

G20 : Mme Marie-Claire CARRERE GEE, présidente du COE, représentera la France au sein de la task force intergouvernementale sur l'emploi

La déclaration des chefs d'Etat lors du sommet de Cannes a consacré, sous l'impulsion de la France, la place désormais centrale des questions sociales dans l'agenda du G20.

Convaincus que le progrès social est le garant d'une croissance économique plus forte et durable, l'ensemble des Etats du G20 ont ainsi souligné la nécessité d'investir dans des socles de protection sociale adaptés à chaque pays, le besoin d'une meilleure intégration des questions sociales dans les interventions des organisations internationales et d'une plus grande cohérence entre elles, ainsi que l'exigence du respect des normes fondamentales du travail.

L'emploi constitue dans ce cadre la première des priorités : il est un défi commun à tous les pays du G20, parce que le taux de chômage y a partout augmenté depuis le début de la crise en 2008 et parce que tous les pays doivent faire face à d'importantes transformations structurelles.

Le G20 est une enceinte appropriée pour faire progresser notre analyse de ces enjeux, en particulier au travers d'un meilleur échange sur les bonnes pratiques, notamment en termes d'alternance, et pour renforcer la coordination des politiques des Etats. A cette fin, les membres du G20 ont décidé à Cannes la création d'une « task force » intergouvernementale sur l'emploi, qui bénéficiera du concours des organisations internationales compétentes et des partenaires sociaux.

Cette task force aura pour mission de contribuer à la préparation de la prochaine réunion des ministres du Travail et de l'Emploi du G20, qui devrait se tenir au printemps 2012, sous réserve des choix faits par la présidence mexicaine.

Le président de la République a demandé à Mme Marie-Claire CARRERE GEE, présidente du Conseil d'Orientation pour l'Emploi, de représenter la France au sein de cette task force et de l'animer en étroite collaboration avec la présidence mexicaine du G20.

02/01/2012

Face au chômage, la question du partage du travail refait surface

 LEMONDE | 27.12.11 Article de Claire Guélaud

 

Que faire, face à l'augmentation d'un chômage déjà massif ? A cette question lancinante en France, qui revêt une acuité particulière à l'approche de la présidentielle, il n'est pas de solution miracle. En période de récession, le chômage s'accroît mécaniquement. En période de croissance faible, c'est à peu près la même chose…

Faute de reprise, le gouvernement n'a pas d'autre choix que de mobiliser simultanément tous les outils de la politique de l'emploi. Il peut d'abord inciter au développement du chômage partiel, qui présente l'avantage de ne pas rompre le lien entre les salariés et leur entreprise. L'Allemagne y a massivement recouru en 2008-2009 ; la France nettement moins, et pendant un laps de temps jugé trop court par les partenaires sociaux, qui ont encore deux rendez-vous de négociations avant le sommet sur l'emploi du 18 janvier 2012.

CONTRATS AIDÉS

D'autres dispositifs pourraient être réactivés, comme la mesure "zéro charges" en cas d'embauches dans les très petites entreprises de moins de 10 salariés. C'est le point de vue que défendent le patronat ainsi que la présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi, Marie-Claire Carrère-Gée, dans un entretien aux Echos du 26 décembre.

La relance des contrats aidés, éventuellement assortis de formation, et leur meilleur ciblage sur les chômeurs de longue durée et les non qualifiés, constitue une autre piste d'action, estime Marion Cochard, chercheuse à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). "Les emplois jeunes des années Jospin ont souvent été critiqués parce qu'ils ont été occupés par des jeunes trop qualifiés. Réservons donc ce type de contrats aux publics les plus éloignés de l'emploi", préconise-t-elle.

"DANS UNE NASSE"

"Les jeunes ont été les premiers à pâtir de la détérioration de la situation économique. Dans les crises précédentes, la population active baissait fortement. Ce n'est pas le cas actuellement", analyse-t-elle. Cette situation accroît le risque de chômage de longue durée pour les jeunes.

"Nous sommes pris dans une nasse", confirme Gérard Cornilleau, directeur adjoint de l'OFCE. "On ne peut plus jouer sur les départs des seniors, dont on connaît par ailleurs les effets pervers. Et il est urgent de répondre aux problèmes des jeunes", ajoute-t-il. Mais au-delà, entre une récession hivernale et la perspective d'une croissance faible, la France, estime M. Cornilleau, "ne peut pas éviter de se reposer la question du partage du travail".

Le "travailler moins pour travailler tous" cher au PS et aux Verts – pas forcément dans sa version d'une baisse de la durée légale du travail – pourrait, quel que soit le prochain président, s'imposer comme une nécessité conjoncturelle et comme la moins mauvaise et la moins injuste des solutions en attendant une vraie reprise.

Interview de Marie-Claire CARRERE-GEE (RTL, journal de 18 heures, 26 décembre 2011)


podcast

Dépêche AFP (publication des chiffres du chômage, 26 décembre 2011)

 

PARIS (AFP) - Le chômage a atteint en novembre son plus haut niveau depuis 12 ans, avec 29.900 personnes supplémentaires sans aucune activité inscrites à Pôle emploi, pour atteindre un total de 2,8 millions de personnes, selon les chiffres du ministère du Travail publiés lundi.

En France métropolitaine, 2.844.800 demandeurs d'emploi étaient sans activité fin novembre (+1,1% sur un mois, +5,2% en un an), un niveau inégalé depuis les 2,849 millions recensés en novembre 1999.

En incluant les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite, 4.244.800 personnes étaient en quête de travail (+1,2% sur un mois, +5,6% sur un an), 4.510.500 avec les départements d'outre-mer.

"On prévoit une croissance nulle pour les 18 mois à venir et donc, naturellement, les entreprises n'embauchent pas et cherchent au contraire à diminuer leur personnel", a expliqué Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE, à l'AFP-TV.

"Pour 2012, on s'attend à une année tout à fait catastrophique. On s'attend à finir l'année avec un taux de chômage de l'ordre de 10,7%", a-t-il ajouté.

Le ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand a récemment repoussé la perspective d'un chômage à 10,4% fin 2012 comme le prévoit l'OCDE.

Néanmoins, le ministre ne prétend plus que le taux de chômage, qui a grimpé à 9,3% au troisième trimestre, sera repassé sous la barre des 9% à la fin de l'année. Il insiste sur le fait que les efforts du gouvernement, compliqués par la résurgence de la crise, vont finir par porter leurs fruits.

Lundi, il a simplement "pris acte" de la nette hausse du nombre de demandeurs d'emploi, y voyant une "conséquence directe du ralentissement de l’activité économique" et assurant qu'il restait "entièrement mobilisé".

De nombreux économistes estiment cependant difficile d'endiguer la hausse du chômage dans le contexte d'austérité actuel.

Face à l'urgence, le président Nicolas Sarkozy a convoqué pour le 18 janvier un sommet sur l'emploi, que la CFDT notamment réclamait depuis l'annonce, l'été dernier, du premier plan de rigueur concocté par le gouvernement.

"Le sommet pour l'emploi, en lui-même, sera un bon signal pour la confiance (...) car ce qui pénalise aujourd'hui les embauches, c'est moins la situation économique que pas assez de visibilité, pas assez de confiance", juge Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE).

Mme Carrère-Gée se dit convaincue que "l'Etat et les partenaires sociaux sauront agir vite et efficacement, comme en 2008-2009" avec par exemple des mesures en faveur de la simplification du chômage partiel, pour aider les TPE à embaucher ou augmenter les contrats aidés.

"Il faut un sommet social où le gouvernement fasse des efforts avec des choses très concrètes", plaide pour sa part Laurent Berger, secrétaire national CFDT en charge des questions d'emploi. Car "même si on ne s'attendait pas à un cadeau du Père Noël, les chiffres sont très, très mauvais", a-t-il relevé auprès de l'AFP.

De son côté, le PS a résumé le "bilan de Nicolas Sarkozy" à "un million de demandeurs d'emploi supplémentaires en une mandature". "Derrière les effets de manche, derrière les coups politiques - personne n'est dupe des visées électoralistes du +sommet pour l'emploi+ -, il est temps de s'en préoccuper à 4 mois de l'élection présidentielle", a commenté Alain Vidalies.

Le FN a observé pour sa part que "mois après mois, le gouvernement Sarkozy bat tous les records du chômage".

"Il faudrait naturellement un certain changement de politique économique", souligne de son côté Henri Sterdyniak, en s'interrogeant sur le report de l'âge de la retraite et la défiscalisation des heures supplémentaires.

© 2011 AFP

Interview de MARIE-CLAIRE CARRÈRE-GÉE, Présidente du Conseil d'Orientation pour l'Emploi (LES ECHOS, 26 décembre 2011)

 

PROPOS RECUEILLIS PAR DEREK PERROTTE

Pôle emploi dévoilera cet après-midi l'évolution du nombre de demandeurs d'emploi en novembre. Sauf surprise, il devrait progresser pour le septième mois d'affilée. A l'approche du sommet social du 18 janvier, Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE, présente ses recommandations.

Dans un contexte de rigueur et de récession, la hausse du chômage est-elle inéluctable en 2012 ?

A politique de l'emploi inchangée, oui, d'autant que la population active augmente. Mais il ne faut pas céder au fatalisme. Le problème vient plus du manque de visibilité, qui paralyse l'investissement et les créations d'emplois, que des fondamentaux des entreprises. Avec des mesures conjoncturelles adaptées, on peut amortir le choc. Les partenaires sociaux et l'Etat ont su le faire en 2009 en travaillant ensemble et sans posture. Ce même état d'esprit devra animer le sommet social de janvier.

Quelle doit être sa priorité ?

L'explosion depuis 2010 du chômage de longue durée est très inquiétante. Le principal danger est de voir un chômage structurel toujours plus fort s'installer. Aujourd'hui, 600.000 personnes sont inscrites à Pôle emploi sans avoir quitté la catégorie A depuis plus d'un an : elles ne travaillent plus du tout, même de manière très précaire, et leur employabilité peut s'effondrer. Avec le coup d'arrêt de l'intérim et des contrats courts, leur nombre va exploser si on ne fait rien.

Que préconisez-vous ?

La nouvelle feuille de route de Pôle emploi, qui permettra de consacrer plus de temps aux personnes les plus en difficulté, est un bon départ. Il faut aussi faire plus de contrats aidés et les faire plus intelligemment, par exemple en instaurant dans le secteur public des contrats aidés à temps partiel complétés par des temps de formation qualifiante. Le COE recommande aussi fortement de relancer le dispositif « zéro charge » sur les embauches des TPE, au moins pour les jeunes et les seniors. Les petites entreprises ont le plus fort potentiel de création d'emplois et leur situation n'est pas si mauvaise, mais il leur faut des coups de pouce. Il serait aussi utile d'instaurer des contrats de professionnalisation plus longs. Ils sont souvent trop courts pour acquérir les savoir-faire recherchés dans les métiers en tension.

On évoque beaucoup la relance du chômage partiel...

C'est impératif. Les suppressions de postes risquent de s'étendre aux CDI et le renforcement du chômage partiel a prouvé son efficacité en 2009. Mais on a alors monté dans l'urgence des dispositifs qui se superposent. Il faut à présent les simplifier, voire bâtir un système unique, et réduire les délais administratifs. L'objectif est que les entreprises n'aient plus qu'à appuyer sur un bouton dès que le besoin se fera sentir.

Le débat monte sur les accords compétitivité-emploi, qui permettraient de baisser les salaires en échange de maintien dans l'emploi...

C'est une piste intéressante. En France, le système de négociations d'entreprise est trop cloisonné. On discute d'un côté salaires, d'un autre emplois, d'un autre temps de travail, alors que ces enjeux sont très liés. Il faut une approche plus globale et coordonnée. Cela suppose une réelle évolution des pratiques mais les esprits sont mûrs. Après, c'est aussi aux employeurs de se montrer responsables. Ce type d'accords ne doit pas être un simple chantage à l'emploi.

Est-il temps de lancer des réformes structurelles ?

Commencer à les aborder lors du sommet social ne serait pas superflu. Il faut réformer le financement de la protection sociale pour abaisser le coût du travail. Et ce n'est pas 1 ou 2 points de cotisation qu'il faut transférer, mais au moins 5 pour créer un choc de compétitivité, en leur substituant un « mix » de prélèvements sur les ménages - sur la consommation ou sur les revenus -et les entreprises - en taxant la richesse produite et non plus les facteurs de production.

Vous représentez la France au sein de la « task force » chargée de coordonner les politiques pour l'emploi des pays du G20. Quelles sont vos priorités ?

Nous avons une grosse responsabilité envers les jeunes. Leur taux de chômage est très élevé dans tous les pays du G20, hormis l'Allemagne. C'est une grande victoire pour la France, à l'origine de la création de la « task force », que la régulation internationale ne soit plus uniquement financière et s'étende au social. La tâche sera complexe car les forces qui s'opposent à plus de régulation sont puissantes. Mais la porte est ouverte et on ne pourra plus la refermer.

Interview de Marie-Claire Carrere-Gee (L'Est Républicain, 28 déc. 2011)

Lutter contre la hausse du chômage à travers l’activité partielle vous paraît-il pouvoir offrir des perspectives nouvelles ?

Oui. La crise de 2009 l’a montré, l’activité partielle est toujours préférable aux licenciements. Il faut réactiver le chômage partiel, et le simplifier, pour qu’il entre dans la culture de toutes les entreprises de l’industrie et des services, ce qui n’est pas encore le cas actuellement.

Faut-il vraiment attendre des résultats du sommet social du 18 janvier ?

J’en attends beaucoup. Il faut des mesures conjoncturelles pour que cette mauvaise passe sur le plan économique, avec beaucoup d’incertitudes qui paralysent les embauches, n’ait pas de conséquences négatives sur le marché du travail. Dans de telles périodes, la politique de l’emploi peut se révéler très efficace. Il faut aussi, il me semble, que l’État et les partenaires sociaux abordent des questions plus structurelles sur la compétitivité de l’économie française.

La CGT parle d’un « énième plan de communication du président de la République…

- Je crois au dialogue social, même en année électorale. Ce dialogue est même tout à fait indispensable en matière d’emploi, où les compétences de l’État et des partenaires sociaux sont, en France, particulièrement imbriquées.

Vous préconisez de faire davantage de contrats aidés et de les faire plus « intelligemment ». C’est-à-dire ?

Les contrats aidés sont souvent critiqués. Mais en période économique difficile, pour un demandeur d’emploi, tout est préférable à un éloignement prolongé du marché du travail. Faire des contrats aidés intelligents, c’est par exemple, pour les jeunes, coupler un travail à mi-temps dans une association et une formation qualifiante.

La CGPME propose de porter la durée maximale des CDD de 18 à 30 mois…

À titre personnel, cela ne me paraît pas la priorité. Il est vrai qu’un CDD de 30 mois offre plus de perspectives à un salarié qu’un CDD de 6 mois… Mais je pense qu’il vaut mieux privilégier la flexibilité interne à l’entreprise, avec des CDI et l’activité partielle quand ça va mal, que la flexibilité externe. Par rapport à ses partenaires européens, la France a déjà beaucoup recours à l’intérim et aux CDD.

Propos recueillis par Antoine PETRY