07.12.2011

Comuniqué de presse du COE- G20 : Mme Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE, représentera la France au sein de la Task Force intergouvernementale sur l’emploi

 
 
 
 

 

Communiqué de presse

 

Le président de la République a confié àMarie-Claire CARRERE-GEE, présidente du Conseil d’Orientation pour l’Emploi, la mission de représenter la France au sein de la Task Force du G20 sur l’emploi instituée par le Sommet de Cannes.Marie-Claire CARRERE-GEEaura la charge d’animer cette Task Force en étroite collaboration avec la présidence mexicaine du G20. La Task Force travaillera d’abord sur l’emploi des jeunes.

« En se donnant les moyens de parvenir à la création de la Task Force sur l’emploi, le Président de la République n’a pas seulement fait aboutir une demande forte de la France, des syndicats et des entreprises, explique Marie-Claire CARRERE-GEE. Il a donné une impulsion décisive à une profonde et durable évolution du G20.
Plus jamais les questions sociales, c’est-à-dire les réalités de la vie de chacun, ne pourront être absentes des discussions, des conclusions et des engagements d’action du G20. L’emploi et la protection sociale devront être mis sur le même plan que les enjeux économiques et financiers.
C’est tout le sens de la création de la Task Force sur l’emploi, qui consacrera ses premiers travaux à l’emploi des jeunes. Les jeunes ont été les premières victimes de la crise, avec des conséquences très violentes et très graves sur leur insertion professionnelle comme sur leurs revenus. C’est un énorme gâchis humain et économique.

Accepter d’affronter ces défis et tout mettre en œuvre pour y répondre, c’est à la fois résoudre des difficultés humaines et se donner les moyens de retrouver la croissance et la confiance ».

Marie-Claire CARRERE-GEE engagera dans les prochains jours des discussions avec les syndicats, les représentants des entreprises, ainsi que les organisations de jeunes et d’étudiants pour connaître leurs attentes et leurs propositions. Elle sera attentive à toutes les contributions et à toutes les propositions qui pourront être faites, en France comme par les pays membres du G20 et les organisations internationales, pour qu’au-delà du recensement de bonnes pratiques en matière d’emploi des jeunes, des propositions d’action concrètes, crédibles et efficaces soient faites par la Task Force aux autorités politiques du G20.

 

Ancienne Secrétaire général adjoint de l’Elysée et conseillère sociale de Jacques CHIRAC, Marie-Claire CARRERE-GEE préside le Conseil d’Orientation pour l’Emploi depuis 2007. Elle est membre de la Conférence Nationale de l’Industrie.

03.12.2011

30 propositions contre le chômage de longue durée

Par MARC LANDRE, LE FIGARO

 

41% des demandeurs d'emploi cherchent un travail depuis plus d'un an.

Sans surprise, le taux de chômage a augmenté au troisième trimestre: de 0,2 point, à 9,3% de la population active en métropole, et de 0,1 point, à 9,7% DOM compris. Pour le ministre du Travail, Xavier Bertrand, cette progression est «la conséquence du ralentissement de la croissance» au trimestre précédent. Les jeunes de 15 à 24 ans sont les seuls à voir leur taux régresser, de 0,1 point, contrairement aux 25-49 ans et aux plus de 50 ans, où la part des chômeurs augmente de 0,1 et 0,3 point. Sur un an, le taux de chômage global régresse de 0,1 point. Selon l'Insee, il y a donc aujourd'hui 2,63 millions de chômeurs dans l'Hexagone.

 

La situation est particulièrement préoccupante pour les chômeurs de longue durée (sans emploi depuis plus d'un an) qui représentent désormais 41% des chômeurs, un niveau supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE. Pis, en élargissant la définition aux chômeurs ayant au moins 12 mois d'inscription dans les 18 derniers, ils représentent plus de la moitié des inscrits à Pôle emploi. En cinq ans, leur taux de chômage a bondi de 16,1%, soit 2,3 points de plus que le taux global.

Entretien au 9e mois

Les chances de retrouver un emploi se réduisant, passé une certaine ancienneté au chômage, les membres du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) ont adopté hier une trentaine de propositions pour tenter d'inverser la tendance. Ils préconisent de «renforcer la prévention» en améliorant l'orientation des jeunes, en poursuivant la po­litique de maintien dans l'emploi des seniors ou en donnant plus ­de moyens et de libertés aux conseillers Pôle emploi pour renforcer la personnalisation de l'accompagnement. Ils proposent la création d'un entretien approfondi au 9e mois de chômage «pour, le cas échéant, redéfinir le projet professionnel» puis un suivi beaucoup plus régulier.

Le COE préconise aussi de créer un contrat de professionnalisation à destination des métiers en tension et d'améliorer l'accès des chômeurs de longue durée aux aides à la mobilité. Il demande aussi la réactivation pour eux du dispositif «zéro charge» dans les TPE en ciblant les jeunes et les seniors. Il suggère enfin d'expérimenter un contrat unique d'insertion, de 7 heures par semaine comme pour le RSA, «dont le temps de travail serait augmenté sur la durée du contrat».

Le COE ouvre des pistes pour venir à bout du chômage de longue durée

LE POINT.FR

Le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) a avancé jeudi une série de propositions pour combattre le chômage de longue durée, parmi lesquelles le chômage partiel, des contrats aidés réservés à cette catégorie ou un accompagnement renforcé par Pôle emploi.

Les actifs au chômage depuis plus d'un an- considérés comme chômeurs de longue durée- ont fortement augmenté depuis 2008, sous l'effet de la crise, souligne dans un rapport le COE, organisme placé auprès du premier ministre.

En octobre, près de 1,6 million de personnes étaient inscrites à Pôle emploi depuis plus d'un an - soit près de 41% des chômeurs- certains ayant exercé une activité réduite.

Le chômage de longue durée est en France dans la moyenne des pays européens mais supérieur au niveau de l'OCDE et "les perspectives pour 2012 ne sont guère favorables", souligne le COE.

Certaines catégories semblent "plus exposées" - jeunes peu qualifiés, seniors, licenciés économiques- mais désormais "personne n'est protégé", les hommes comme les femmes, toutes les catégories socio-professionnelles.

Un point commun à tous: les chances de retrouver un emploi se réduisent "passée une certaine durée de chômage", souligne Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE.

Les conséquences sont lourdes: "risques de déqualification, de désocialisation, de pauvreté", transformation du chômage conjoncturel "en un chômage de type structurel, beaucoup plus difficile à résorber", ajoute-t-elle.

Le rapport avance une série de propositions, certaines pour prévenir ce type de chômage, d'autres pour favoriser le "retour à l'emploi" de ceux tombés dans cette affre.

L'une des mesures préconisées est "la relance dès à présent" du dispositif du chômage partiel, associant l'Etat et les partenaires sociaux. Pour l'encourager, il faudrait unifier et simplifier ses procédures, en mieux l'articulant avec la formation.

Le rapport propose aussi d'accorder une plus grande "autonomie" aux conseillers de Pôle emploi pour leur permettre un accompagnement plus personnalisé des chômeurs. "L'intensité de l'accompagnement des demandeurs d'emploi de longue durée doit être amélioré".

Autre piste: une partie des contrats aidés devraient être attribués à ces chômeurs. Un entretien de bilan deux mois avant la fin du contrat aidé est nécessaire.

Le COE propose aussi de "réactiver rapidement et pour une durée limitée à celle de la crise," la mesure "zéro charge en faveur des TPE" (très petites entreprises), en la ciblant sur les jeunes et les seniors pour en limiter le coût.

"Un contrat de professionnalisation" (alliant formation et travail) d'une durée plus longue que les contrats type actuels, pourrait être crée pour les chômeurs de longue durée qui souhaiteraient s'orienter vers des "métiers en tension", pour lesquels l'employeur ne trouve pas preneur.

"Des aides à la mobilité" seraient bienvenues pour favoriser la possibilité pour un chômeur de longue durée de prendre un emploi éloigné de son domicile (comme par exemple la gratuité des transports pendant un an).

Le COE propose aussi de "développer vigoureusement dans les marchés publics des administrations et des hôpitaux les clauses sociales permettant l'embauche de chômeurs de longue durée".

Quatre chômeurs sur dix le sont depuis plus d’un an (La Croix)

 

Alors que le nombre de demandeurs d’emploi repart à la hausse, un rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi met en évidence le poids considérable du chômage de plus d’un an.

C’est un point souvent peu mis en lumière dans les statistiques du chômage, qui est reparti à la hausse et atteint désormais 9,7 %, et pourtant ce n’est pas le moins préoccupant. Quasiment inexistant au début des années soixante-dix, le chômage de longue durée, qui désigne la situation des actifs qui sont au chômage depuis un an ou plus, concerne près de 4 chômeurs sur dix en France, selon un rapport adopté jeudi 1er décembre par le Conseil d’orientation de l’emploi.

Selon les statistiques de Pôle emploi, on compte 1,6 million de demandeurs d’emploi de plus d’un an, soit 38 % de l’ensemble des demandeurs d’emplois. Selon les chiffres de l’enquête emploi de l’Insee, qui compte différemment les demandeurs d’emploi pour permettre des comparaisons internationales, plus d’un million de personnes font partie de ces chômeurs de longue durée, soit 40,1 %. Mais, fait aggravant, quel que soit le mode de calcul, près de la moitié de ces chômeurs de longue durée le sont depuis plus de deux ans. En moyenne, l’ancienneté au chômage est de 14 mois, selon le comptage Insee, 458 jours selon les chiffres de Pôle emploi.

10 points au-dessus de la moyenne de l’OCDE

La crise a bien sûr alimenté le phénomène puisque « le nombre de chômeurs de longue durée a augmenté de 18 % (contre 16 % pour le chômage total) », note le COE. Pour autant, ce n’est pas tant cette augmentation récente, moins élevée en France que dans les autres pays de l’OCDE, mais le niveau « structurellement élevé en France » du chômage de longue durée qui est inquiétant. Depuis 1983, il n’est effet jamais descendu en dessous de 31 %, et a été en moyenne de 38,6 %, selon le comptage de l’Insee. Bref, écrit, le COE, « sur le long terme, il évolue autour de 40 % environ », un niveau comparable à la moyenne de l’Union européenne, mais supérieur de près de 10 points à la moyenne des pays de l’OCDE.

Plus personne ne semble protégé

Si des profils fragiles (les seniors, les personnes peu qualifiées, les licenciés économiques, etc.) peuvent être identifiés, l’installation dans la durée du phénomène a favorisé, écrit le rapport, « une diffusion du risque de chômage de longue durée à l’ensemble de la population ». Bref, plus personne ne semble protégé. Même si le risque de chômage est toujours moindre pour les cadres, « une fois au chômage, les cadres, les professions intermédiaires, les employés et les ouvriers connaissent le même risque de rester plus d’un an au chômage », écrit ainsi le COE. Or, rappellent les experts, le chômage de longue durée est « lourd de conséquences ». En particulier, « un demandeur d’emploi de longue durée a environ deux fois moins de chances de reprendre un emploi qu’un autre demandeur d’emploi ».

Face à ce phénomène, les politiques publiques sont pour l’instant restées relativement impuissantes. Tout en soulignant qu’une politique efficace passe « d’abord par des politiques macroéconomiques favorisant la croissance et l’emploi », le Conseil d’orientation pour l’emploi fait toutefois une trentaine de propositions, déclinées autour de trois axes.

Un contrat de professionnalisation orienté vers les métiers en tension

Côté prévention, il demande par exemple une relance des dispositifs de chômage partiel, pour éviter des licenciements économiques en cas de baisse des commandes. Le COE veut aussi muscler l’accompagnement en instituant au neuvième mois de chômage un entretien visant entre autre à « redéfinir sur la base d’un bilan de compétences le projet professionnel ». Il souhaite également « réexaminer la question des effets incitatifs du système d’indemnisation », ce qui revient à poser la question d’un éventuel retour à la dégressivité des allocations.

Enfin, il veut favoriser les aides à la mobilité, faciliter l’accès aux contrats aidés des chômeurs de longue durée non indemnisés, relancer la mesure « zéro charge » pour les très petites entreprises (TPE), mais uniquement pendant la crise et en la ciblant sur les jeunes et les seniors. Il veut enfin pouvoir proposer aux chômeurs de longue durée un contrat de professionnalisation orienté vers les métiers en tension.

 

 

NATHALIE BIRCHEM   

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