Pas de catalogue où piocher des idées mais la photographie de l'existant. Le Conseil d'orientation pour l'emploi, que préside Marie-Claire CARRERE-GEE, a dressé un état des lieux de l'emploi des jeunes dans un rapport adopté hier à la demande des partenaires sociaux. Premier enseignement de cet organisme où siègent des représentants du patronat, des syndicats, de l'Etat et des personnalités qualifiées : il faut se méfier des généralités. Pas plus le niveau très élevé du taux de chômage des moins de 25 ans -24 % -que le poids limité des demandeurs d'emploi dans l'ensemble de la jeunesse -seulement 8,5 % -ne sont « pertinents pour décrire la situation des jeunes vis-à-vis de l'emploi », souligne Marie-Claire CARRERE-GEE. Ces indicateurs « ne permettent pas de rendre compte de la diversité des situations », explique-t-elle. Le rapport souligne en effet qu'il faut « environ deux ans » pour qu'une génération voie son taux d'emploi et son taux de chômage se stabiliser.
« Concurrence »
Il rappelle que tous les jeunes ne sont pas égaux face à l'emploi. Et souligne en particulier les problèmes de discrimination auxquels sont confrontés ceux issus de l'immigration et ceux issus des zones urbaines sensibles, qui ne sont pas toujours les mêmes. Le COE souligne évidemment aussi les difficultés rencontrées par les non-diplômés. Ceux-ci subissent plus que les autres le chômage, mais sont aussi plus nombreux à occuper des emplois temporaires, deux indicateurs qui décroissent avec le niveau de diplôme, même si, « à niveau égal, tous les diplômes ne se valent pas ».
La crise a cependant rebattu les cartes et c'est peut-être sur ce chapitre que se situe l'apport principal du rapport. « Les jeunes qui sont entrés sur le marché du travail au coeur de la crise se retrouvent face à la concurrence des nouvelles générations qui arrivent », souligne Marie-Claire CARRERE-GEE. « On est habitués depuis trente ans à concevoir des dispositifs pour les jeunes sans qualification, mais la population actuelle des jeunes en chômage de longue durée est beaucoup plus variée et Pôle emploi et les missions locales, aux résultats très disparates, ne sont pas forcément habitués à gérer cette diversité », souligne la présidente du COE. « Tant qu'on n'est pas sorti de la crise, il ne faut pas réduire la voilure sur les aides à l'insertion des jeunes et sur la politique de l'emploi en général », ajoute-t-elle, en regrettant au passage la baisse des contrats aidés initialement inscrite dans le budget 2011.
Mais le rapport du COE va au-delà de l'enjeu purement conjoncturel. Il enjoint aussi à clarifier la gouvernance de la politique pour l'insertion professionnelle des jeunes, dont la compétence est partagée entre l'Etat et les partenaires sociaux mais aussi les régions, les départements et les communes. Cela passe par sa « simplification [...] avec une clarification de la répartition des compétences et, à tout le moins, la désignation d'un pilote ».
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.