07.03.2011

AUTORISER DES « CLASS ACTIONS » POUR FAIRE RESPECTER L’EGALITE SALARIALE ET PROFESSIONNELLE

 

  

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

 

Malgré un arsenal législatif conséquent, malgré la vigilance des syndicats et associations, malgré de bonnes pratiques chez de très nombreux employeurs, beaucoup de femmes sont victimes de discriminations, à l'embauche, pour leurs salaires, pour leur carrière.

 

Toute la détermination des femmes à défendre leurs droits, elle non plus, ne suffit pas. Lorsqu'il y a tant de chômage, se plaindre n'est pas facile. Porter plainte peut relever de l'héroïsme, voire de l'inconscience.

 

Alors, donnons les moyens aux femmes de se défendre vraiment. Autorisons les actions en nom collectif en matière d’égalité salariale et professionnelle. Lorsque des éléments de fait laissent à penser que la politique d’embauche, la politique salariale, de formation professionnelle ou d’avancement d’une entreprise ne respecte pas le principe d’égalité entre les hommes et les femmes, permettons à quelques salariées d'une entreprise, voire à ses clients, de contester globalement ces politiques, et cela avec la possibilité d’obtenir réparation pour toutes les salariées de cette entreprise, qu'elles aient ou non porté plainte, qu’elles aient ou non donné leur accord pour celle-ci.

 

On a bien pensé à permettre les actions en nom collectif pour faire respecter le droit des consommateurs : ne pourrait-on pas y penser; d'abord, pour le premier droit d'une personne, celui de ne pas être discriminé pour ce qu'elle est?

 

Et si c'est possible pour les femmes, il faudrait aussi y réfléchir pour toutes les discriminations, à raison de l'origine, de l'âge, du handicap, ou de l'orientation sexuelle. Les femmes, une nouvelle fois, auraient été le fer de lance du combat pour le respect des droits humains.

 

En République, s’agissant du respect d’un principe aussi fondamental que celui de l’égalité des droits, il n’est que temps de passer d’une obligation de moyens à une obligation de résultats.

 

 

Marie-Claire CARRERE-GEE

Ancienne Secrétaire générale adjointe de l’Elysée

Présidente du Conseil d’Orientation pour l’Emploi*

*Il s’agit d’une position personnelle, qui n’engage pas le COE

 

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