Marc Landré
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Edition de La Tribune
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Jeudi 2 Décembre 2010
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Entendu sur BFM« Depuis plusieurs mois, on constate une décé...
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« Depuis plusieurs mois, on constate une décélération de l'augmentation du chômage. Le point sur lequel j'alerte les pouvoirs publics c'est que l'on a en même temps une déformation de la structure du chômage avec une proportion de chômeurs de longue durée qui s'accroît. Ils sont aujourd'hui 1 million et demi. C'est un sujet très grave pour l'économie et la société française. Ça appelle vraiment une politique de l'emploi active. Quand on a des personnes qui, du fait de la crise, perdent progressivement contact avec le marché du travail, ces cicatrices-là seront longues à réparer. »
MARIE-CLAIRE CARRèRE-GéE, PRéSIDENTE DU CONSEIL D'ORIENTATION POUR L'EMPLOI
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Mercredi 1er Décembre 2010
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| Le COE veut lutter contre l'illettrisme dans l'entreprise |
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C'est un sujet difficile auquel s'est attaqué le Conseil d'orientation pour l'emploi : celui de l'illettrisme. L'avis adopté hier par l'organisme présidé par Marie-Claire Carrère-Gée, qu'ont préparé conjointement Xavier Lacoste, directeur général d'Alixio, et Thierry Lepaon, de la CGT, tord le cou à un certain nombre d'idées reçues.
D'abord, il rappelle que l'illettrisme ne concerne pas principalement les migrants et leurs enfants : les trois quarts des personnes concernées utilisaient le français à la maison à cinq ans. Ensuite, et peut-être surtout, il souligne que sur les 3,1 millions de personnes illettrées en France, 57 %, soit près de 1,8 million, sont en emploi, comme le montrent les seules statistiques disponibles, qui datent de 2004. C'est d'une certaine façon positif : illettré ne rime pas, loin s'en faut, avec incompétence. Mais le phénomène est d'autant plus problématique que les évolutions technologiques et organisationnelles en font un handicap de plus en plus grand. Sans parler des difficultés auxquelles sont confrontés les illettrés qui perdent leur emploi.
« Changer de braquet »
L'école a bien sûr sa part de responsabilité dans cette situation, mais elle n'est pas la seule. La proportion d'illettrés augmente avec l'âge pas seulement parce que la formation initiale s'est améliorée au fil des années mais aussi du fait d'un « effritement des compétences de base, notamment pour des personnes qui ont peu à les solliciter au quotidien. » A cela s'ajoute que la moitié de la population illettrée a plus de 45 ans, et c'est aussi à partir de cet âge, ou à peine plus, que les opportunités de formation se raréfient.
L'illettrisme a beau être de moins en moins tabou, il reste encore trop ignoré par le monde du travail, critique le COE. Ce constat est d'autant plus important que siègent au Conseil des représentants tant des entreprises que des syndicats. Le terrain n'est pas totalement vierge, reconnaît-il. Mais il faut « changer de braquet » car « les actions actuellement menées ne parviennent pas à réduire le nombre de personnes illettrées ou en situation d'illettrisme en France ».
Le Conseil enjoint donc le gouvernement de construire une véritable « politique nationale » coordonnant mieux les initiatives (ministères, agences, régions, Opca, etc.). Il plaide aussi pour que l'Etat apporte une aide financière aux entreprises qui luttent contre l'illettrisme et que soit lancé un travail de sensibilisation des employeurs à ce qui devrait être une « grande cause nationale ».
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LEÏLA DE COMARMOND
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Edition de FIGARO ECONOMIE
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Mercredi 1er Décembre 2010
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| L'illettrisme reste tabou dans le monde du travail |
8 % des salariés auraient du mal à lire et écrire, ce qui devient rédhibitoire même pour des emplois peu qualifiés, constate le Conseil d'orientation pour l'emploi. L'organisme appelle le monde du travail à ne plus se voiler la face. |
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EMPLOI Un tabou. Sur 3,1 millions de personnes illettrées en France - soit 9 % de la population ayant été scolarisée -, près de six sur dix occupent un emploi. La moitié a plus de 45 ans. Parmi les chômeurs, 15 % des personnes ont des difficultés pour lire, écrire et compter, selon l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI). « Ces personnes sont particulièrement vulnérables dans le monde du travail », s'alarme, dans un rapport publié hier, le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), lieu de débat entre les principaux acteurs du marché du travail présidé par Marie-Claire Carrère-Gée.« Certes, les difficultés de lecture, d'écriture et de calcul n'interdisent pas l'accès à l'emploi, poursuit ce cénacle d'experts. Mais le marché du travail devient de plus en plus sélectif et un nombre croissant de personnes n'ont plus accès à des emplois non qualifiés. » Et pour cause : la coordination du travail, la robotisation croissante et la dématérialisation des échanges font de plus en plus appel à l'écrit. « Quand l'entreprise rénove ses technologies, certains salariés qui connaissent par coeur leur travail voient leur savoir-faire remis en question et sont démunis pour s'adapter aux nouvelles exigences », ajoute le COE, qui a décidé de « tirer la sonnette d'alarme » et formule 25 propositions pour venir à bout de ce fléau.Primo, « faire de la lutte contre l'illettrisme une grande cause nationale ». Pour le conseil, la maîtrise des compétences fondamentales doit devenir « un véritable droit et une réalité pour tous ». Un comité de pilotage au niveau national, avec « un tableau de bord permettant d'afficher les objectifs, le suivi et les résultats » de cette politique, doit être mis en place. Des actions de sensibilisation et de détection des personnes illettrées doivent être menées dans les collectivités locales, les écoles, les services sociaux... Les fonds de la formation professionnelle doivent être mobilisés et mutualisés en direction des salariés illettrés.
Grille d'évaluation
Le COE suggère de « mieux lutter contre les situations d'illettrisme dans la phase qui précède l'insertion professionnelle », notamment en proposant aux jeunes en difficulté repérés lors de la journée défense et citoyenneté (anciennement journée d'appel de préparation à la défense) un accompagnement et des formations spécifiques. Idem pour les chômeurs. Les entreprises sont invitées à réfléchir à inclure dans leur plan de formation annuel des actions de lutte contre l'illettrisme et en présenter les résultats dans leur bilan social. Le COE recommande enfin de « s'assurer de la qualité des formations » dispensées en confiant à l'ANLCI la rédaction d'une grille d'évaluation et d'imposer à tous les organismes « de publier leurs résultats ».
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| Lutte contre l’illettrisme : future grande cause nationale ? |
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La France compte aujourd’hui environ 3,1 millions d’illettrés*, dont plus de la moitié ont un emploi. Pis, le nombre de personnes en situation d’illettrisme aurait tendance à s’accroître, « malgré beaucoup de bonne volonté », souligne aujourd’hui le Conseil national pour l’emploi (COE). Dans un rapport, cet organisme paritaire qui dépend du premier ministre entend lever le voile sur « le tabou de l’illettrisme et de l’emploi » et demande que ce « fléau » soit retenu « grande cause nationale ». Un classement qui permettrait « une grande campagne nationale par voie de presse, télévision, radio, internet ».
Un droit de chaque citoyen

Selon le COE, le fait que 57% des illettrés soient en situation d’emploi est un fait « largement méconnu » tout comme le fait que de nouvelles générations de jeunes en situation d’illettrisme arrivent sur le marché du travail. La faute notamment à des dispositifs insuffisants de « détection et de formation » de ces personnes. Pour y remédier, le Conseil « souhaite que l'acquisition et l'entretien des savoirs fondamentaux - savoir lire, écrire, compter - tout au long de la vie soient proclamés comme un droit de chaque citoyen ». Jusqu’à présent, la lutte contre l’illettrisme n’a pas été à la hauteur de l’enjeu, selon le COE. Et sa présidente, Marie-Claire Carrère-Gée, de renchérir : « Les efforts accomplis jusqu'ici s'apparentent à écoper une voie d'eau avec une petite cuiller ».
* dernières données de l’Insee de 2004-2005
La France compte aujourd’hui environ 3,1 millions d’illettrés*, dont plus de la moitié ont un emploi. Pis, le nombre de personnes en situation d’illettrisme aurait tendance à s’accroître, « malgré beaucoup de bonne volonté », souligne aujourd’hui le Conseil national pour l’emploi (COE). Dans un rapport, cet organisme paritaire qui dépend du premier ministre entend lever le voile sur « le tabou de l’illettrisme et de l’emploi » et demande que ce « fléau » soit retenu « grande cause nationale ». Un classement qui permettrait « une grande campagne nationale par voie de presse, télévision, radio, internet ». Un droit de chaque citoyenSelon le COE, le fait que 57% des illettrés soient en situation d’emploi est un fait « largement méconnu » tout comme le fait que de nouvelles générations de jeunes en situation d’illettrisme arrivent sur le marché du travail. La faute notamment à des dispositifs insuffisants de « détection et de formation » de ces personnes. Pour y remédier, le Conseil « souhaite que l'acquisition et l'entretien des savoirs fondamentaux - savoir lire, écrire, compter - tout au long de la vie soient proclamés comme un droit de chaque citoyen ». Jusqu’à présent, la lutte contre l’illettrisme n’a pas été à la hauteur de l’enjeu, selon le COE. Et sa présidente, Marie-Claire Carrère-Gée, de renchérir : « Les efforts accomplis jusqu'ici s'apparentent à écoper une voie d'eau avec une petite cuiller ».* dernières données de l’Insee de 2004-2005
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©AFP Général - Vendredi 26 Novembre 2010 - 19:54 - Heure Paris (706 mots)
Social-emploi-chômage
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| Reflux du nombre de demandeurs d'emploi en France en octobre (PAPIER GENERAL), Prev |
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PARIS, 26 nov 2010 (AFP) - Le nombre de demandeurs d'emploi a reflué en octobre, avec pour la première fois depuis le printemps 2008 une baisse pour les principales catégories, une tendance "encourageante" aux yeux du gouvernement, malgré la montée du chômage de longue durée et des seniors. Avec un recul de 20.300 inscrits (-0,8%) n'ayant pas du tout travaillé (catégorie A) en métropole, à 2,67 millions, le nombre de demandeurs d'emploi a connu "sa plus forte baisse" dans cette catégorie "depuis février 2008", a immédiatement souligné le ministre du Travail et de l'Emploi Xavier Bertrand. En incluant les personnes ayant exercé une activité réduite (catégories A, B, C), le nombre d'inscrits à Pôle emploi s'est replié de 13.700 (-0,3%) à 3,99 millions. Avec les Dom, 4,25 millions de personnes figuraient sur les listes. C'est la première baisse depuis mai 2008 pour l'ensemble de ces trois catégories. Sur un an, le nombre d'inscrits est cependant resté en hausse pour les personnes n'ayant pas travaillé (+1,8%) et pour l'ensemble des demandeurs d'emploi, y compris avec une activité réduite (+5%). Pour M. Bertrand, la "très forte réduction du nombre de demandeurs d'emploi est très encourageante pour l'évolution du marché du travail". "Même s’il faut rester prudent -les mois peuvent se suivre et ne pas se ressembler-, j’y vois le signe d’une inflexion que je souhaite durable. Sur 18 mois, j’ai une obligation de résultat: que le chômage recule", a-t-il déclaré par ailleurs au Figaro. Pour atteindre son objectif, le gouvernement compte concentrer ses efforts sur les jeunes, les salariés peu qualifiés et les victimes de licenciements économiques, en misant notamment sur les contrats de formation en alternance et sur les dispositifs de reclassement des licenciés comme le CTP. Après s'être envolé brutalement sous l'effet de la récession entamée en 2008 et aggravée en 2009, le nombre de jeunes inscrits à Pôle emploi a continué à diminuer en octobre (-2,1% sans activité, -1,8% y compris en activité réduite). Les statistiques d'octobre sont de "bonnes nouvelles" mais la "cicatrice de la crise est encore visible", avec la montée persistante du chômage des seniors et du chômage de longue durée, a déclaré à l'AFP la présidente du Conseil d'Orientation pour l'Emploi (COE), Marie-Claire Carrère-Gée. Au-delà des évolutions mensuelles, "la tendance est à une augmentation beaucoup moins significative du chômage qu'auparavant", a-t-elle noté. Pour les 50 ans et plus, la hausse du nombre d'inscrits s'est en effet prolongée (+1% en A, +1,2% en A, B, C). Elle a même dépassé les 15% en un an. Quant au nombre de personnes en quête d'un emploi depuis au moins un an, il a progressé de 0,8% sur un mois et bondi de 23,1% sur un an à 1,48 million (y compris en activité réduite), représentant plus du tiers du total des inscrits. De fait, "les chômeurs les plus anciens ont souvent plus de mal à retrouver un emploi", selon le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy. En octobre, les entrées sur les listes de Pôle emploi ont augmenté notamment pour licenciements économiques, mais baissé pour les fins de CDD ou d'intérim. En même temps, les sorties des listes pour "défaut d'actualisation" de la situation mensuelle ont bondi de 17%, ce qui rend les données "un peu délicates à interpréter" aux yeux de la présidente du COE. Les radiations administratives ont augmenté de 5,5%. "Le taux de radiation par rapport au nombre de chômeurs inscrits est stable depuis plusieurs années", a assuré M. Charpy, jugeant possible des "erreurs" pour "2 ou 3% des dossiers". ic/pz/sd
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Isabelle CORTES
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©AFP Général - Vendredi 26 Novembre 2010 - 19:36 - Heure Paris (276 mots)
Automobile-social-emploi-gouvernement
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| L'Etat "doit s'opposer" au "plan social déguisé" de Renault (Carrère-Gée, COE) |
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PARIS, 26 nov 2010 (AFP) - La présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), Marie-Claire Carrère-Gée, a estimé vendredi que "l'Etat doit s'opposer en l'état" au plan de départ anticipé de 3.000 salariés prévu par Renault, qui est "un plan social déguisé". "L'Etat doit s'opposer au plan tel qu'il a été présenté", a affirmé à l'AFP la présidente de COE. Selon elle, "on ne peut pas avoir un Etat schizophrène qui, d'un côté, fait voter une loi sur les retraites et prend des mesures très offensives en faveur du maintien des seniors en emploi et, d'un autre côté, un Etat actionnaire qui accepte un plan social déguisé pour 3.000 salariés dans une entreprise dont il est actionnaire". Pour Mme Carrère-Gée, "il s'agit, en l'état, d'un plan social déguisé puisqu'il n'est pas accompagné d'embauches, ni d'un plan de lutte contre la pénibilité au travail". "On a juste des propositions de cessation d'activité, on n'a pas de propositions de reconversion ou de seconde carrière pour les personnes qui ont eu un travail pénible", souligne la présidente de COE, organisme consultatif rattaché à Matignon. Le dispositif de 3.000 départs anticipés sur trois ans prévus chez Renault a suscité des réserves jusque dans les rangs du gouvernement. em/bfr/df
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| Au delà de cette limite, leur ticket reste valable |
L'intérim, pour leur permettre de rebondir |
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 - Favoriser l'employabilité des seniors - Les mentalités commencent à évoluer - Un savoir-faire bénéfique à l'entreprise - L'intérim : faute de mieux ? - Quant aux retraités ?
Lois de financement de la sécurité sociale, loi sur la réforme des retraites. Triste réalité, les quinquagénaires sont poussés vers la sortie, quand bien même ils n'affichent aucune défaillance. Même pour des postes de direction qui impliquent une véritable expertise, les entreprises préfèrent les remplacer par des jeunes plus "fringants". Considérés comme une variable d'ajustement, les seniors ont du mal à se réinsérer dans la vie active. D'autant que leurs prétentions salariales, même si elles sont justifiées, font peur. De plus en plus, l'intérim est donc une option qu'ils considèrent. Ces missions provisoires rassurent les DRH qui ont toutefois du mal à se défaire de leurs préjugés. Si les mentalités commencent lentement à évoluer, en partie grâce à des dispositifs législatifs, la France accuse encore un lourd retard en la matière.
Passé la barre fatidique des 55 ans (qui leur vaut de faire partie de la catégorie dite "seniors"), on leur reproche de ne plus être assez au fait des nouvelles technologies, d'être moins dynamiques ou encore trop rigides. "Les seniors n'en finissent pas de faire l'objet de stéréotypes très ancrés qui compliquent leur insertion professionnelle. On a tendance à s'imaginer qu'ils sont moins rapides et moins motivés. Pourtant, ces freins psychologiques n'ont pas lieu d'être car les seniors d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes que ceux d'il y a vingt ans", souligne Philippe Guittet. En tant que consultant et coach, il accompagne beaucoup de seniors, y compris des retraités, qui veulent continuer à travailler car "pour eux, c'est davantage une vocation qu'une contrainte". La crise a davantage encore compliqué leur sort, car lorsqu'il s'agit de procéder à des licenciements, ils sont sur la sellette. L'idée de laisser la place aux jeunes est très répandue en France. "Au lieu de promouvoir d'abord l'activité de tous, on a rationné le travail par classe d'âge : aux adultes l'emploi, aux jeunes les études, aux seniors l'inactivité. Ce postulat, archaïque, s'appuie sur une idée fort simple mais totalement fausse : puisqu'il n'y a pas assez de travail pour tout le monde, il est impératif de l'allouer en priorité aux actifs entre 25 et 55 ans", ce sont les termes d'un récent rapport de l'institut Montaigne. Les auteurs de ce document dénoncent d'ailleurs une menace pour la cohésion sociale.
Favoriser l'employabilité des seniors
Selon eux, le taux d'emploi des plus de 55 ans est de 38% : " Il chute brutalement à 16 % pour les 60-64 ans. On est loin de l'objectif de 50 % pour les plus de 55 ans qu'avait fixé l'Union européenne à ses pays membres lors du Conseil européen de Stockholm en 2001. Contrairement à la France, certains pays ont atteint cet objectif : aux Pays-Bas, entre 1996 et 2008, le taux d'emploi des seniors est passé de 30% à 51% ; en Finlande, il a crû de 36% à 56%." Seulement 6% des entreprises déclarent être prêtes à recruter des seniors. Si la France fait figure de mauvais élève, c'est en partie parce que les DRH ont une image négative des seniors. "Ils jugent qu'ils sont difficilement adaptables par rapport à des jeunes supposés plus malléables. Il y a toujours le fantasme de former des jeunes malléables aux méthodes d'une entreprise", explique Aline Crépin, directrice de la RSE du Groupe Randstad. Elle ajoute que certains seniors ont été abîmés car ils ont vécu des choses difficiles, de longues périodes de chômage... Longtemps déconnectés, ils ont parfois perdu confiance en eux et ont du mal à mettre en avant leurs points forts.
Ils ont d'autant plus de mal à se réinsérer que dans une conjoncture difficile, les entreprises sont particulièrement sensibles à la question du coût. Or leurs prétentions salariales font peur. Elles restent l'un des principaux freins à l'embauche. "Pour briser les discriminations dont sont victimes les seniors, les pouvoirs publics ont été très offensifs depuis 2003", souligne Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi. Tout d'abord, l'article 87 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 incite les entreprises de plus de 50 salariés à conclure des accords ou à établir des plans d'action en faveur de l'emploi des salariés âgés. Il convient de noter qu'elles intègrent les intérimaires dans ces calculs d'effectifs et dans leurs objectifs de recrutement. Depuis le 1er janvier 2010, toute entreprise qui ne met pas en place ce type de réflexion est soumise à une pénalité financière équivalente à 1% de sa masse salariale. Il faut reconnaître que c'est une chose de repousser l'âge du départ à la retraite, mais encore faut-il que les seniors puissent rester en activité. D'autant que précisément, du fait des départs en retraite massifs dans les prochaines années, il faudra remplacer les cadres dirigeants par des gens compétents et aguerris. Le projet de loi portant réforme des retraites adopté par l'Assemblée nationale en première lecture le 15 septembre dernier prévoit donc une aide ouverte aux employeurs qui recrutent un demandeur d'emploi âgé de 55 ans et plus, inscrit à Pôle emploi. "Il s'agit d'un allégement de charges patronales sur toute embauche d'un chômeur de 55 ans ou plus, en CDI ou en CDD de plus de six mois, quelle que soit la taille de l'entreprise. Cette exonération durera douze mois", a déclaré Laurent Wauquiez. Le montant de cette aide correspond à 14% du salaire brut, ce qui correspond à l'ensemble des charges.
Les mentalités commencent à évoluer "Une révolution culturelle est en train de germer, mais les pratiques actuelles sont telles que cela prendra encore du temps", en conclut Mme Carrère-Gée. Bruce Roch, directeur RSE du groupe Adecco France, confirme qu'il est confronté à beaucoup de demandes discriminatoires : "Elles portent sur l'âge, mais aussi sur l'origine et le genre. Nous avons mené une importante politique de lutte contre les préjugés quels qu'ils soient. Les sanctions prévues par la loi, mais aussi les actions prévues par la Halde font peur aux entreprises. Souvent elles appréhendent aussi les rémunérations élevées que demandent les seniors, sans savoir que certains sont prêts à faire des concessions sur ce point."
Même constat pour Aline Crépin, pour laquelle, au-delà de ces textes, il y a un véritable travail de fond à mener : "Ces dispositions vont dans le bon sens, mais les mentalités n'évoluent que lentement. Au moins, les plans d'action seniors ont le mérite d'obliger les entreprises à se poser des questions." Elle évoque le cas d'un patron de PME âgé de 65 ans qui cherchait quelqu'un pour reprendre l'entreprise avec son fils. "Il a estimé que l'homme de 55 ans que nous lui avions proposé était trop âgé car il recherchait un directeur pour une durée longue. Notre consultant a cherché à le convaincre que lui-même était très actif et que ce candidat nous paraissait avoir la maturité suffisante pour le poste."
Un savoir-faire bénéfique à l'entreprise A ses yeux, les seniors présentent un autre avantage déterminant que l'on oublie trop souvent : la fidélité à l'entreprise : "Alors que les 35-45 ans sont des gens volatils, à l'écoute d'éventuelles opportunités, les seniors, eux, sont beaucoup moins dans le zapping. Ils savent que ce sera vraisemblablement leur dernier poste et vont sans doute s'investir davantage, ce qui est important car les postes de direction nécessitent une stabilité afin de dérouler des stratégies de manière pérenne." Elle souligne aussi leur adaptabilité : "Les seniors ont connu divers environnements d'entreprise et ont donc pris un certain recul. Ils peuvent aider des équipes à franchir des caps, surtout en période de crise, lorsqu'il y a des réorganisations. Ils ont déjà vécu des changements structurels et sont plus aptes à accompagner des équipes." Elle relativise néanmoins : "Finalement, senior ou pas, ce qui est important, c'est ce que les personnes peuvent apporter à l'entreprise. L'intérim est parfois perçu comme une période nécessaire pour les tester avant de leur proposer un éventuel CDI." L'emploi temporaire permet en effet aux entreprises de tester les compétences des seniors avant de se décider. C'est d'ailleurs parfois l'occasion de prendre conscience que leurs préjugés étaient infondés. Ainsi, ces missions font parfois office de pré-embauche, du moins dans les grands groupes. "Pour les PME, l'intérim est un excellent moyen d'avoir recours ponctuellement aux compétences de personnes expérimentées, qu'elles n'auraient pas nécessairement les moyens de s'offrir à temps plein", remarque Caroline Duyckaerts, experte en ressources humaines et en développement des organisations. Elle souligne au passage que la mixité au niveau des âges valorise l'entreprise beaucoup plus qu'elle ne lui nuit.
| Au lieu de promouvoir d'abord l'activité de tous, on a rationné le travail par classe d'âge : aux adultes l'emploi, aux jeunes les études, aux seniors l'inactivité |
Certaines agences d'intérim se sont ainsi spécialisées dans les profils seniors. C'est le cas par exemple de "50 et plus Intérim" qui promet à ses clients une expertise, une assurance et une fiabilité. Ou encore de Toulouse Interim Senior. Pour une entreprise, avoir recours à un senior, c'est la quasi-garantie d'un travail bien fait. Souvent, la formation initiale est déphasée par rapport aux besoins du marché de l'emploi. "Les seniors, eux, connaissent bien le monde de l'entreprise et ses enjeux, si bien qu'ils peuvent être rapidement opérationnels. Il n'y a pas besoin de les tutorer ou de les former. Ils disposent par ailleurs d'une maturité, d'une expérience et d'une expertise largement bénéfiques, sans compter qu'ils peuvent
mettre à profit leurs réseaux. Le retour sur investissement est plus rapide avec un senior qu'avec un junior. Certes, ils coûtent généralement plus cher, mais l'entreprise finit par s'y retrouver", observe Philippe Guittet. Sans compter que leurs interlocuteurs sont généralement rassurés par la confiance qu'ils inspirent. C'est une garantie de sérieux.
 "Les seniors n'en finissent pas de faire l'objet de stéréotypes très ancrés qui compliquent leur insertion professionnelle.", Philippe Guittet, consultant.
| Si la France fait figure de mauvais élève, c'est en partie parce que les DRH ont une image négative des seniors Depuis le 1er janvier 2010, toute entreprise qui ne met pas en place ce type de réflexion est soumise à une pénalité financière équivalente à 1% de sa masse salariale |
 "Pour briser les discriminations dont sont victimes les seniors, les pouvoirs publics ont été très offensifs depuis 2003", Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi.
L'intérim : faute de mieux ? De plus en plus, les seniors trouvent dans l'intérim un moyen de rester en contact avec le marché du travail. Et ce d'autant plus que les agences s'intéressent beaucoup plus que par le passé à leurs compétences. Selon le Syndicat des entreprises de travail temporaire, leur nombre est en perpétuelle évolution. Les plus de 50 ans étaient ainsi 38 538 à avoir occupé des emplois intérimaires en 2009, soit 8,6% de l'ensemble des travailleurs intérimaires. Est-ce un choix pleinement assumé ? Ou une alternative faute de mieux ? Si certains seniors peuvent être tentés d'y avoir recours car ils n'ont pas envie de travailler 100% du temps tout en restant quand même dans la vie active, c'est néanmoins la deuxième option qui se rapproche le plus de la vérité. "L'intérim peut être une solution gagnantgagnant si elle est délibérée de part et d'autre, mais souvent les seniors subissent cette précarité davantage qu'ils ne l'appellent de leurs voeux", estime Caroline Duyckaerts. C'est donc parce qu'ils ne trouvent pas mieux qu'ils choisissent cette option. Une enquête de la société Oasys Consultants révèle d'ailleurs que les opportunités de recrutement en CDI pour des emplois de cadres supérieurs et dirigeants sont très limitées pour les seniors. Elles s'adressent principalement aux 35-45 ans et sont quasiment inaccessibles aux plus de 55 ans (1% seulement des entreprises répondantes déclarent avoir recruté en CDI des cadres supérieurs ou dirigeants de plus de 55 ans ces deux dernières années). La France est très à la traîne par rapport à d'autres pays européens. "La population des 25-54 ans assure à elle seule près de 80 % des emplois du pays, alors qu'elle ne représente que 41 % de la population totale", c'est ce que démontre le rapport de l'institut Montaigne. Ce texte précise aussi que la France se singularise par un recours à la formation continue très faible pour les plus de 45 ans, avec un taux d'accès de 5 % alors qu'il est de 15 % au Danemark et de 23 % au Royaume-Uni. "Les seniors ne sont pas mis à jour, c'est regrettable car cela permettrait non seulement d'up-dater leurs compétences mais aussi de faire en sorte qu'ils se remettent en question", constate Caroline Duyckaerts. Ils n'ont pas la science infuse et il serait sain, que, comme les autres, ils travaillent la dimension humaine et le leadership. "Cela se pratique en Norvège, où des politiques spéciales ont été mises en place pour les seniors, avec notamment des systèmes de temps partiels, alors qu'en France, on les invite à quitter l'entreprise", remarque-t-elle.
Quant aux retraités ? Bien que réticentes à faire travailler des personnes âgées, parce qu'elles sont très concernées par les questions de coût, les entreprises peuvent être tentées de faire appel à des retraités. Elles ne paient pas de salaires puisque ces personnes ont fait valoir leur droit à la retraite. Soit elles se font rémunérer dans le cadre de leur statut d'auto-entrepreneur, soit elles passent par des agences d'intérim, auquel cas les charges diminuent de 15 à 18% puisqu'il n'y a plus de cotisations retraites à acquitter et que la CSG et le CRDS sont réduits. Paradoxalement, cela coûte aujourd'hui moins cher à une entreprise d'avoir recours à un retraité de 66 ans, qu'à un senior de 59 ans ! Marie Claire Carrère-Gée reconnaît que "les questions du cumul emploi-retraite, de l'indemnisation du chômage des seniors et des aides à l'embauche ont été traitées une à une, sans cohérence globale. Il est du devoir de l'Etat et des partenaires sociaux de définir ensemble de nouvelles orientations permettant de favoriser tout à la fois le maintien dans l'activité et l'emploi jusqu'à l'âge de la retraite et la liberté de choix audelà."
Toutefois, le recours massif aux retraités n'est pas aisé car les syndicats s'élèvent contre cette pratique. Pour eux, c'est une occasion de fournir aux patrons une main-d'oeuvre peu chère, qui, selon les dires de Marc Blondel, risque de "cannibaliser les emplois vacants". Toutefois, pour Caroline Duyckaerts, les retraités se lancent rarement dans un nouvel emploi : "Le plus souvent ils continuent d'officier pour leur ancienne maison en tant que consultant, ou éventuellement travaillent pour leurs anciens clients." Jusqu'à présent, les agences d'intérim ne proposaient pas à leurs clients ce type de profils. Mais la loi Fillon, mise en place en 2005, a assoupli la donne sur le cumul emploi-retraite. Il faut toutefois que l'addition des pensions de retraite (de base et complémentaire) et d'un salaire ne dépasse pas le montant du dernier revenu d'activité. Du fait de ces évolutions législatives, l'emploi des retraités a beaucoup augmenté. L'agence d'intérim Actif Senior Plus, qui a ouvert ses portes dans les Hauts-de-Seine en 2008, a fait beaucoup parler d'elle. Elle propose aux seniors et plus précisément aux retraités qui le souhaitent de retravailler. Qu'il s'agisse d'arrondir leurs fins de mois ou de remédier à l'ennui, ils sont nombreux à désirer se réinsérer dans la vie active. L'intérim n'a pas fini d'attirer les plus de 55 ans !
 "L'intérim est parfois perçu comme une période nécessaire pour tester les seniors avant de leur proposer un éventuel CDI", Aline Crépin, directrice de la RSE chez Randstad.
| Le projet de loi portant réforme des retraites prévoit une aide ouverte aux employeurs qui recrutent un demandeur d'emploi âgé de 55 ans et plus, inscrit à Pôle emploi |
 "Pour les PME, l'intérim est un excellent moyen d'avoir recours ponctuellement aux compétences de personnes expérimentées, qu'elles n'auraient pas nécessairement les moyens de s'offrir à temps plein", Caroline Duyckaerts, experte en ressources humaines et en développement des organisations.
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