29.07.2010

LE FIGARO économie

 

Mercredi 28 Juillet 2010

 

 

« Ne pas réduire la voilure

 

trop vite sur la politique de l'emploi »

 


LES DONNÉES publiées hier viennent le confirmer : « La France a plutôt mieux résisté que ses voisins face la crise. Notre niveau de chômage est proche de la moyenne, alors qu'il était bien plus élevé auparavant », constate la présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE). Pour autant, prévient Marie-Claire Carrère-Gée, « la stabilisation du chômage au deuxième semestre, objectif que se fixent les pouvoirs publics, est loin d'être garantie. La croissance n'est pas suffisante pour créer des emplois. Même si la tendance est moins catastrophique que fin 2008-début 2009, la crise n'est pas finie du point de vue du chômage ; ses effets risquent d'être particulièrement durables dans notre pays » . D'où un appel à « ne pas réduire la voilure trop vite sur la politique de l'emploi » , alors que les enveloppes budgétaires doivent être réduites sur la période 2011-2013. « Il ne s'agit pas de tout reconduire aveuglément, chaque dispositif doit être évalué, mais la suppression du »zéro charge* pour les embauches dans les TPE, fin juin, semble par exemple prématurée. »

 

 Des recommandations sur l'illettrisme

 

Plus encore, la présidente du COE - instance consultative qui regroupe partenaires sociaux, hauts fonctionnaires, experts, élus... - redoute « un risque d'exclusion et de fracture accrue du marché du travail. On le constate avec la hausse du chômage de longue durée : pour une partie de la population, un accident de parcours peut s'avérer dramatique. Il s'agit notamment de personnes qui disposent de peu de compétences de base, que cela n'a pas empêché de travailler vingt ou trente ans dans une entreprise industrielle mais qui se retrouvent dans une situation difficile si cette entreprise se sépare d'eux ». C'est pourquoi le Conseil formulera à l'automne des recommandations sur l'illettrisme - un sujet tabou dans le monde du travail mais dont les partenaires sociaux sont de plus en plus conscients.

 

Autre priorité à retenir : des mesures contre le chômage des seniors, qui a flambé ces derniers mois. « La réforme des retraites prévoit une aide pour l'embauche d'un chômeur de plus de 55 ans. C'est très bien mais il faudrait aussi favoriser le maintien de ces personnes dans l'emploi , poursuit Marie-Claire Carrère-Gée . Par exemple, le fait de devoir verser une indemnité à un salarié qui part en retraite sanctionne les entreprises vertueuses, qui gardent leurs collaborateurs jusque-là. Pourquoi ne pas mutualiser ce coût ? On pourrait aussi discuter avec les partenaires sociaux d'une bonne formule pour rendre obligatoire la formation pour les seniors, ou trouver un système de bonus-malus sur les cotisations chômage. »

 

Le COE a aussi récemment prôné des mesures pour favoriser la mobilité professionnelle, notamment un « droit au retour » pour permettre au salarié de tenter sa chance chez un autre employeur et de revenir dans son entreprise de départ si la « greffe » n'a pas pris - ou, à défaut, de toucher une indemnité de départ et de pouvoir toucher une allocation-chômage. La métallurgie vient de signer un accord en ce sens. N'est-ce pas paradoxal, alors que les salariés semblent plus enclins, face à la crise, à s'accrocher à leur poste qu'à tenter l'aventure ailleurs ? « Justement, certains préfèrent rester dans une entreprise à l'avenir incertain que de s'inscrire dans une démarche d'évolution. Il faut lever ces freins. »  -   O. A.

 

 

Olivier Auguste oauguste@lefigaro.fr

22.07.2010

Installation de la Conférence nationale de l'industrie

http://www.industrie.gouv.fr/etats-generaux/cni/

 

 

Marie-Claire CARRERE-GEE a été nommée personnalité qualifiée membre de la Conférence nationale de l'industrie, une instance de concertation, présidée par le Premier ministre, rassemblant l’ensemble des acteurs concernés par les problématiques de l’industrie. Son ambition est de prolonger et développer le large consensus, obtenu dans le cadre des Etats généraux de l'industrie, relatif à la nécessité d’une industrie forte pour l’économie française.

La Conférence a vocation à poursuivre dans la durée les réflexions engagées dans le cadre des EGI, et notamment de suivre la politique industrielle qui sera mise en place.

Elle pourra notamment émettre des avis et propositions sur :

  • les mesures visant à développer l’industrie et ses emplois en France ;
  • le suivi du développement de l’emploi industriel, de l’adéquation du dispositif de formation avec les besoins de l’industrie ;
  • le suivi de la politique industrielle, par filière, en lien avec les comités de filières qui seront créés ;
  • les projets de texte législatif ou réglementaire, susceptibles d’avoir un impact sur l’industrie ;
  • l’évaluation des aides publiques en faveur de l’industrie.

La CNI a été créée par le décret n°2010-595 du 3 juin 2010. Ses membres ont été nommés par un arrêté du Premier ministre du 6 juillet 2010. La CNI comprend, outre les représentants de l’Etat et les élus, trois collèges :

  • le collège des entreprises industrielles, composé de 15 membres
  • le collège des salariés de l’industrie, composé de 10 membres (2 représentants de la CGT, 2 représentants de la CGT-FO, 2 représentants de la CFDT, 2 représentants de la CFE-CGC, 2 représentants de la CFTC)
  • le collège des personnalités qualifiées nommés en fonction de leurs compétences ou leur expérience industrielle, et composé de 7 membres. Au sein de ce collège, M. Jean François Dehecq, qui a piloté les travaux nationaux des EGI, a été nommé vice-président de la CNI.

Colloque du Conseil d'Orientation pour l'Emploi : l'emploi par delà la crise

 

http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=1209

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