15.06.2009
Il faut avoir une vision claire des parcours professionnels pour les sécuriser
Interview de Marie-Claire CARRERE-GEE, présidente du Conseil d'Orientation pour l'Emploi / PROPOS RECUEILLIS PAR LEÏLA DE COMARMOND, LES ECHOS, 3 juin 2009
Question : Pourquoi le Conseil d'orientation pour l'emploi a-t-il engagé une réflexion sur la mobilité ?
A l'occasion de ses travaux sur la sécurisation des parcours professionnels et sur la formation professionnelle, le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) a fait le constat d'une connaissance très parcellaire des trajectoires des salariés. Autant nous disposons de « photographies » assez précises de ce qui se passe à un moment donné sur le marché du travail, autant le suivi des parcours individuels est encore lacunaire. Or il est fondamental d'avoir une vision claire et globale des mobilités, notamment pour développer des garanties qui ne soient plus strictement liées au contrat de travail afin de sécuriser les parcours professionnels.
Question : La question de la mobilité est encore une autosaisine. Le gouvernement ne fait donc pas assez appel à vous ?
Saisines et autosaisines sont complémentaires. Le Conseil d'orientation pour l'emploi est jeune mais s'est, depuis ses tout premiers travaux, imposé comme l'instance de référence en matière d'emploi, qui croise expertise et dialogue social. Outre la poursuite du travail sur les causes du chômage engagé par Raymond Soubie lorsqu'il le présidait, nous avons répondu à trois saisines gouvernementales : la conditionnalité des allégements de charges et le SMIC, la formation professionnelle et le RSA. Nous nous sommes aussi autosaisis de trois sujets : la mobilité, l'orientation scolaire et professionnelle des jeunes et les mesures d'urgence pour l'emploi qu'appelle la crise.
Question : Concernant ce dernier sujet, le gouvernement a déjà pris des mesures et les partenaires sociaux ont décidé d'ouvrir une négociation. Qu'apportent vos propositions ?
Ces propositions viennent alimenter la réflexion des pouvoirs publics et des partenaires sociaux. Notre mission est de leur fournir des boîtes à outils passées par le tamis du dialogue social. La force du COE, ce sont ses membres, leur expertise, leur expérience. Il rassemble tous les acteurs du marché du travail : représentants de l'Etat, des partenaires sociaux, personnalités qualifiées.
Question : La nécessité d'obtenir un consensus ne vous conduit-elle pas à être trop prudents ? Vous n'avez en définitive pas proposé un droit de veto du préfet sur certains plans sociaux, ni un assouplissement des CDD...
Notre objectif était de fournir des propositions opérationnelles et consensuelles dans des délais imposés par la situation de crise. Comme les précédents, notre avis sur les mesures d'urgence sur l'emploi comporte des propositions très précises et très fortes. C'est notamment le cas en ce qui concerne la revitalisation des bassins d'emploi et l'aide au reclassement en cas de restructuration ou encore sur l'emploi des jeunes.
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