11.07.2008

NON AUX TOURS, BARRES ET GHETTOS DANS LE 14ème

Le 30 juin notre Conseil d’arrondissement a été saisi du projet de délibération sur les « hauteurs », comme l’on dit joliment au PS.
Toutes celles et tous ceux qui lisent les journaux pourraient s’en étonner. Aucun des projets de tours revendiqués par la municipalité comme devant accroître l’attractivité de Paris dans la vive compétition entre capitales européennes ne se situe dans le 14ème.

En réalité, la saisine de notre conseil d’arrondissement révèle toute la filouterie de la stratégie de la mairie de Paris. Derrière la promesse de gestes architecturaux majeurs, derrière l’ambition affichée d’éviter à Paris le sort d’une ville musée et la perspective d’inscrire dans le ciel les emblèmes du dynamisme économique de la capitale, se cache un projet aussi néfaste qu’archaïque : planter dans les rares espaces libres des quartiers les plus « sociaux » de la capitale des tours de logements sociaux de 50 mètres. Des barres comme on n’en fait plus depuis longtemps. Des barres comme on en détruit beaucoup partout en banlieue.

Malheureusement, ce projet caché, il est pour nous. C’est celui qui nous est destinés, dans le 14ème arrondissement.

C’est donc cela, la pseudo « vision d’avenir » de Paris : autour d’un centre préservé, des arrondissements dont le nôtre qualifiés de « périphériques » et n’ayant d’autre perspective que de concentrer les plus pauvres dans des quartiers défigurés. Et, pour faire passer la pilule, quelques projets de grandes tours symbolisant tout le dynamisme et la puissance de la capitale…Ailleurs que dans le 14ème, bien sûr.

J’ai tenté, lors du Conseil d’arrondissement, d’arracher au maire Pierre Castagnou la promesse de refuser cette triste perspective promise au 14ème.  Avec l’assurance de nous trouver à ses côtés, au-delà des clivages politiques, s’il faisait le choix de consacrer son mandat à l’avenir du 14ème. A favoriser la mixité sociale plutôt que l’émergence de ghettos. A embellir l’arrondissement. A y accueillir des équipements culturels dignes d’une capitale autant que des entreprises et des sièges sociaux. A effacer progressivement les erreurs urbanistiques du passé, en concentrant l’effort sur les quartiers les plus défavorisés, pour les remettre à niveau. A éviter que se creuse une fracture sociale entre quartiers. A préserver la diversité du 14ème que nous aimons tant.

Pour l’instant et à notre grand regret, Pierre Castagnou ne nous a pas écoutés. Probablement tiraillé entre le rejet annoncé de ce projet par les habitants et les exigences du maire de Paris, il a limité son « engagement » à une phrase laconique : « le 14ème arrondissement n'est pas concerné... pour l'instant ».

Le maire a même demandé aux élus de sa majorité de voter contre l'amendement déposé par notre groupe et qui tendait à écarter explicitement la perspective de tours de logements sociaux dans le 14ème. Il s’est de même opposé aux amendements proposés par les élus Verts, qui allaient dans le même sens que le nôtre.

Nous ne perdons pas espoir. Aux côtés de tous ceux qui aiment le 14ème, tous horizons politiques confondus, nous consacrerons toute notre énergie à faire œuvre utile et à protéger notre arrondissement de décisions calamiteuses aux conséquences irréversibles.

06.07.2008

La majorité PS/PC/Verts se divise sur la propreté

Dès la première séance du Conseil d'arrondissement, nous avions pu percevoir les divisions au sein de la majorité municipale: mise à l'écart de la seule conseillère "pro Royal", votes blancs sur la désignation des adjoints au maire, critiques à peine voilées de certains projets... Mais jusque là tout se passait à huis clos, à bulletin secret, ou se tassait gentiment par des absences fort opportunes.
 
Le 30 juin 2008, Pierre Castagnou n'a pas pu tenir sa majorité: elle s'est publiquement et profondément divisée sur l'organisation du service de propreté dans l'arrondissement.
 
Que la politique de propreté soit un échec cuisant de la municipalité en place est une évidence pour tous. Que le maire en fasse enfin une priorité de son mandat est le minimum que les habitants soient en droit d'attendre de lui. Que Pierre Castagnou ne fasse passer son projet de marché pour le ramassage complémentaire des poubelles de rues fixes qu'à 2 voix de majorité alors qu'il dispose en principe de 24 voix sur 30 est un premier camouflet que lui inflige une majorité pour le moins très diverse...
 
Faute de stratégie d'ensemble sur la propreté à Paris, faute même d'une simple déclaration du maire sur le sujet, nous nous sommes abstenus sur le projet présenté en Conseil.
 
Aussi engagerons-nous nous-même, dès la rentrée, un débat de fond sur le thème de la propreté, et entendons à cette occasion obliger la majorité municipale à entrer dans une discussion constructive, porteuse de solutions efficaces.
 
Contesté par les Verts et le PC, abandonné par certains élus PS ou "apparentés", le maire n'a donc fait passer que de justesse un dossier à forte portée symbolique. Après la reculade sur les Conseils de quartiers, la période estivale arrive à point pour resouder une majorité déjà bien éprouvée après seulement 3 mois d'exercice!