23.01.2012

Candidature aux élections législatives de Marie-Claire CARRERE-GEE


Je serai candidate aux élections législatives pour la 11è circonscription de Paris contre le Maire du 14è Pascal Cherki.

Il s’agit d’une candidature naturelle et incontestée localement. Je m’y prépare depuis 5 ans, dans le 14è où j’habite depuis plus de 15 ans, comme leader de l’opposition au Conseil d’arrondissement et comme déléguée de circonscription, élue par les militants du 14è et du 6è. Et cela au prix de beaucoup de travail et d’une implantation méthodique.

Il s’agit d’une décision personnelle et qui m’engage, mais ce n’est pas une décision individuelle. Depuis 2007 où j’ai repris les rênes de l’opposition dans le 14è arrondissement en conduisant la liste soutenue par l’UMP, le Parti Radical et les centristes, je travaille avec une équipe très soudée, compétente et active sur le terrain. Ma candidature est soutenue par les autres élus UMP du 14è.

Le 11 janvier dernier, malgré tout le soutien de la Fédération de Paris que je remercie, la Commission d’investiture de l’UMP a décidé de ne pas m’accorder l’investiture. Elle l’a accordée à M. Lecoq, élu du 6è. J’ai laissé plusieurs jours aux instances de mon parti pour revoir cette décision, ce qui n’a pas été fait.

La décision de la Commission d’investiture est de mon point de vue une lourde erreur politique.  La 11è circonscription est composée, pour près de 85%, d’habitants du 14è, et seulement 15% du 6è. Le seul bon sens permet de comprendre qu’une telle circonscription ne peut se gagner qu’à partir du 14è. C’est naturellement le choix qu’a fait le PS. Faire l’inverse, c’est clairement laisser cette circonscription à la gauche. Je ne m’y résigne pas, non plus que les élus et les militants du 14è.

De surcroît, M. Lecoq, dissident du 6è arrondissement lors des dernières élections sénatoriales, est récompensé pour sa dissidence par un parachutage dans le 14è. Un troisième parachutage en trois élections législatives! Cette décision foule aux pieds tout le travail, tout l’engagement et toute la loyauté des élus, cadres et militants de l’UMP du 14è dont je suis.

Cette décision est également indigne. Elle a été obtenue en moins de cinq minutes à la suite d’une charge extrêmement violente du Président de la Commission d’investiture, M. Jean-Claude GAUDIN, qui a affirmé d’emblée et avec autorité qu’il n’était pas question de m’accorder l’investiture car je suis mariée avec Frédéric THIRIEZ, qui a été membre du cabinet de Gaston DEFFERRE, ministre de l’Intérieur, au début des années 80.

Soyons clairs : je n’ai jamais compté sur le fait d’être une femme  pour être investie par le parti auquel j’appartiens.
Le fait d’être une candidate incontestée sur le terrain, la compétence et la fidélité des engagements me paraissent être de meilleurs arguments. Mais je ne pensais pas qu’être une femme pouvait être à ce point un obstacle, dans une circonscription gagnable pour l’UMP à Paris. Je suis scandalisée par ce viol de ma vie personnelle. Je suis scandalisée que l’UMP sanctionne avec une telle brutalité un « délit de mariage ».  Je n’ai pas à choisir entre ma famille et mon engagement politique. C’est indigne d’un parti moderne, en 2012.

Depuis que je suis élue, personne ne m’a jamais entendue participer aux guéguerres politiciennes à Paris et aux combats dignes d’une cour d’école qui la caractérisent assez souvent. Ils portent gravement atteinte à la confiance de nos électeurs, à l’image des élus et, au total, aux intérêts des Parisiens. Tout le monde, m’a, en revanche, entendue sur les combats de terrain, le plus souvent aux côtés d’associations locales et toujours aux côtés des habitants. Je ne changerai pas de ligne de conduite. Mon seul adversaire, que moi seule peut battre, c’est Pascal Cherki, le Maire du 14è.

La décision de mon parti, bien sûr, me désole. Mais elle ne peut être mise en balance, ni avec mes convictions – je suis activement engagée dans la famille gaulliste depuis l’âge de 16 ans – ni avec ma détermination à me battre de toutes mes forces -et mes équipes avec moi-, au cours des semaines qui viennent, pour gagner, d'abord, les élections présidentielles et pour gagner, ensuite, les élections législatives, dans l’intérêt des habitants des 6è et 14è arrondissements.

20.01.2012

PARIS, 18 jan 2012 (AFP)

La présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), Marie-Claire Carrère-Gée, s'est félicitée mercredi des mesures annoncées à l'issue du sommet social, et notamment celles visant à améliorer la formation des chômeurs, jugeant la situation actuelle "scandaleuse".
A l'issue du "sommet de crise" réuni à l'Elysée avec patronat et syndicats, le chef de l'Etat a insisté sur la formation des chômeurs "très éloignés de l'emploi" en annonçant une enveloppe de 150 millions d'euros.
"Ceux qui ne connaissent plus d'activité professionnelle depuis au moins deux ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation", a-t-il dit.
Pour Mme Carrère-Gée, interrogée par l'AFP, "qu'on veuille s'attaquer à ce problème, lié à une gouvernance extrêmement défaillante parce que beaucoup trop complexe, est une excellente chose".
"C'est un vrai scandale aujourd'hui que si peu de demandeurs d'emploi aient accès à la formation", a souligné la présidente du COE, notant que "40% des demandeurs d'emploi pour lesquels une formation a été prescrite ne sont toujours pas en formation six mois après".
"Le B.A.-BA du service que l'on doit rendre aux chômeurs, c'est de bien les accompagner et leur permettre de se former pour favoriser une reprise rapide de l'emploi. Dans le système tel qu'il fonctionne aujourd'hui, ce n'est pas le cas, loin s'en faut", a-t-elle insisté.
De façon plus générale, Mme Carrère-Gée a salué l'issue du sommet, relevant que le COE avait "proposé l'ensemble des mesures" annoncées par le chef de l'Etat.
"Tous les leviers sont actionnés: on cherche à éviter les licenciements avec le chômage partiel, à doper les embauches, notamment celles des jeunes, à aider les petites entreprises, et à aider les chômeurs à retrouver rapidement du travail", s'est-elle félicitée.
"Si les ministères et les partenaires sociaux se retroussent vraiment les manches pour passer de l'annonce à l'application sur le terrain, ce sont de très bonnes décisions qui seront efficaces pour l'emploi", a-t-elle souligné.
chl/db/nm

DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE 19 janvier 2012

Les chômeurs restent à l’écart de la formation professionnelle

Les chômeurs devraient être au cœur d’une «réforme radicale» de la formation professionnelle, souhaitée par Nicolas Sarkozy, reconnaissant de fait l’inefficacité de celle à l’œuvre depuis fin 2009.

 
Cette vaste refonte était censée recentrer la formation sur ceux qui en ont le plus besoin, les salariés victimes de licenciements ou peu qualifiés. Deux ans après, une petite minorité, « 10 à 15%», de demandeurs d’emploi «bénéficient à proprement parler de formation», a reconnu hier le ministre du Travail, Xavier Bertrand.

En 2009, 576 000 demandeurs d’emploi avaient entamé une formation d’une durée supérieure à un mois, un chiffre en baisse de 5% sur un an, alors que le chômage était en forte hausse. La Dares (services du ministère du Travail) recensait 8% des demandeurs d’emploi en formation fin 2009.

Les salariés restent les principaux bénéficiaires des fonds de la formation continue (61%) devant les jeunes (25%, apprentissage) et les demandeurs d’emploi (13%). Le problème vient «d’une gouvernance extrêmement défaillante parce que beaucoup trop complexe», estime la présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), Marie-Claire Carrère-Gée. «40% des demandeurs d’emploi pour lesquels une formation a été prescrite ne sont toujours pas en formation six mois après», note M me Carrère-Gée.

L’écart entre les demandes des chômeurs et les formations réellement effectuées est énorme, et ce depuis longtemps (44% de chômeurs formulent le souhait d’une formation, 16% ont le feu vert, 7% l’ont effectivement effectuée après 6 mois, selon une étude de la Dares basée sur des données de 2002 à 2004).

«En dépit des avancées de la loi du 21 novembre 2009, notre système de formation professionnelle reste très fragmenté entre tous les acteurs, ce qui nuit à son efficacité», a expliqué le président de la République.

«Il y a trop d’acteurs autour de la table», estime la présidente du Medef qui croit beaucoup à un dispositif nouveau piloté par Pôle emploi: la Préparation opérationnelle à l’emploi (POE) permettant d’offrir une formation individualisée à un chômeur qu’une entreprise veut embaucher, l’entreprise communiquant son besoin précis. Le Medef s’est engagé sur un objectif de 60 000 emplois en 2012 (après 10 000 POE en 2011).

Les financeurs aussi sont nombreux: les 31,3 milliards d’euros de la formation continue en 2009 ont été supportés par les entreprises (41%), l’État (16% hors dépenses pour ses propres agents, 35% en comptant la fonction publique), les régions (14%), Pôle emploi (5%), les ménages eux-mêmes (4%) et d’autres organismes publics (1%). Un parcours du combattant pour les chômeurs.

TF1.fr

Formation des chômeurs : s'attaquer à ce problème est une "excellente chose"

 

La présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) Marie-Claire Carrère-Gée, s'est félicitée mercredi des mesures annoncées à l'issue du sommet social, et notamment celles visant à améliorer la formation des chômeurs, jugeant la situation actuelle "scandaleuse". A l'issue du "sommet de crise" réuni à l'Elysée avec patronat et syndicats, le chef de l'Etat a insisté sur la formation des chômeurs "très éloignés de l'emploi" en annonçant une enveloppe de 150 millions d'euros. "Ceux qui ne connaissent plus d'activité professionnelle depuis au moins deux ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation", a-t-il dit.

20 minutes.fr EMPLOI - La France compte 2,8 millions de demandeurs d'emploi

Le chômage a atteint en novembre son plus haut niveau depuis 12 ans, avec 29.900 personnes supplémentaires sans aucune activité inscrites à Pôle emploi, pour atteindre un total de 2,8 millions de personnes, selon les chiffres du ministère du Travail publiés lundi.

En France métropolitaine, 2.844.800 demandeurs d'emploi étaient sans activité fin novembre (+1,1% sur un mois, +5,2% en un an), un niveau inégalé depuis les 2,849 millions recensés en novembre 1999.

En incluant les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite, 4.244.800 personnes étaient en quête de travail (+1,2% sur un mois, +5,6% sur un an), 4.510.500 avec les départements d'outre-mer.

Efforts du gouvernement

"On prévoit une croissance nulle pour les 18 mois à venir et donc, naturellement, les entreprises n'embauchent pas et cherchent au contraire à diminuer leur personnel", a expliqué Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE, à l'AFP-TV.

"Pour 2012, on s'attend à une année tout à fait catastrophique. On s'attend à finir l'année avec un taux de chômage de l'ordre de 10,7%", a-t-il ajouté.

Le ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand a récemment repoussé la perspective d'un chômage à 10,4% fin 2012 comme le prévoit l'OCDE.

Néanmoins, le ministre ne prétend plus que le taux de chômage, qui a grimpé à 9,3% au troisième trimestre, sera repassé sous la barre des 9% à la fin de l'année. Il insiste sur le fait que les efforts du gouvernement, compliqués par la résurgence de la crise, vont finir par porter leurs fruits.

Difficile d'endiguer la hausse du chômage

Lundi, il a simplement "pris acte" de la nette hausse du nombre de demandeurs d'emploi, y voyant une "conséquence directe du ralentissement de l’activité économique" et assurant qu'il restait "entièrement mobilisé".

De nombreux économistes estiment cependant difficile d'endiguer la hausse du chômage dans le contexte d'austérité actuel.

Face à l'urgence, le président Nicolas Sarkozy a convoqué pour le 18 janvier un sommet sur l'emploi, que la CFDT notamment réclamait depuis l'annonce, l'été dernier, du premier plan de rigueur concocté par le gouvernement.

"Le sommet pour l'emploi, en lui-même, sera un bon signal pour la confiance (...) car ce qui pénalise aujourd'hui les embauches, c'est moins la situation économique que pas assez de visibilité, pas assez de confiance", juge Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE).

Un sommet pour l'emploi concret

Mme Carrère-Gée se dit convaincue que "l'Etat et les partenaires sociaux sauront agir vite et efficacement, comme en 2008-2009" avec par exemple des mesures en faveur de la simplification du chômage partiel, pour aider les TPE à embaucher ou augmenter les contrats aidés.

"Il faut un sommet social où le gouvernement fasse des efforts avec des choses très concrètes", plaide pour sa part Laurent Berger, secrétaire national CFDT en charge des questions d'emploi. Car "même si on ne s'attendait pas à un cadeau du Père Noël, les chiffres sont très, très mauvais", a-t-il relevé auprès de l'AFP.

Critiques de l'opposition

De son côté, le PS a résumé le "bilan de Nicolas Sarkozy" à "un million de demandeurs d'emploi supplémentaires en une mandature". "Derrière les effets de manche, derrière les coups politiques - personne n'est dupe des visées électoralistes du +sommet pour l'emploi+ -, il est temps de s'en préoccuper à 4 mois de l'élection présidentielle", a commenté Alain Vidalies.

Le FN a observé pour sa part que "mois après mois, le gouvernement Sarkozy bat tous les records du chômage".

"Il faudrait naturellement un certain changement de politique économique", souligne de son côté Henri Sterdyniak, en s'interrogeant sur le report de l'âge de la retraite et la défiscalisation des heures supplémentaires.

18.01.2012

20 Minutes

TRAVAIL - Alors qu’un septième mois consécutif de hausse du chômage est à prévoir, à quelques minutes de la publication des chiffres de novembre, Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE, s’inquiète dans «Les Echos»…

La présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) affirme dans les colonnes du quotidien économique Les Echos que la hausse continue du chômage est le résultat du flou entourant la situation économique qui pousse les entreprises à geler leurs recrutements. Elle s’inquiète surtout du chômage longue durée (dit structurel) qui touche 600.000 demandeurs inscrits au Pôle emploi depuis plus d’un an.

Bien préparer le sommet entre le président de la République et les partenaires sociaux

En marge de la recrudescence des plans de restructuration orchestrés par les entreprises françaises, elle place le chômage partiel comme alternative crédible aux possibles suppressions de postes (notamment pour les CDI) à venir.

Inquiète, Marie-Claire Carrère-Gée compte notamment sur le prochain sommet social entre Nicolas Sarkozy et les partenaires sociaux en janvier prochain, calqué sur celui de 2009 qui avait porté ses fruits. 

Elle anticipe ce rendez-vous en insistant sur l’aide aux personnes les plus en difficulté avec l’instauration d’une feuille de route de Pôle emploi ainsi que des contrats aidés, des contrats de professionnalisation plus longs ainsi que le dispositif zéro charge pour les très petites entreprises.

Elle suggère enfin au gouvernement de réformer le financement de la protection sociale afin de réduire le coût du travail et relancer la compétitivité.

Bertrand de Volontat

09.01.2012

Marie-Claire CARRERE-GEE invitée des Assises des Professions libérales

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Photos :  ©36nco pour l’Unapl  

03.01.2012

G20 : Mme Marie-Claire CARRERE GEE, présidente du COE, représentera la France au sein de la task force intergouvernementale sur l'emploi

La déclaration des chefs d'Etat lors du sommet de Cannes a consacré, sous l'impulsion de la France, la place désormais centrale des questions sociales dans l'agenda du G20.

Convaincus que le progrès social est le garant d'une croissance économique plus forte et durable, l'ensemble des Etats du G20 ont ainsi souligné la nécessité d'investir dans des socles de protection sociale adaptés à chaque pays, le besoin d'une meilleure intégration des questions sociales dans les interventions des organisations internationales et d'une plus grande cohérence entre elles, ainsi que l'exigence du respect des normes fondamentales du travail.

L'emploi constitue dans ce cadre la première des priorités : il est un défi commun à tous les pays du G20, parce que le taux de chômage y a partout augmenté depuis le début de la crise en 2008 et parce que tous les pays doivent faire face à d'importantes transformations structurelles.

Le G20 est une enceinte appropriée pour faire progresser notre analyse de ces enjeux, en particulier au travers d'un meilleur échange sur les bonnes pratiques, notamment en termes d'alternance, et pour renforcer la coordination des politiques des Etats. A cette fin, les membres du G20 ont décidé à Cannes la création d'une « task force » intergouvernementale sur l'emploi, qui bénéficiera du concours des organisations internationales compétentes et des partenaires sociaux.

Cette task force aura pour mission de contribuer à la préparation de la prochaine réunion des ministres du Travail et de l'Emploi du G20, qui devrait se tenir au printemps 2012, sous réserve des choix faits par la présidence mexicaine.

Le président de la République a demandé à Mme Marie-Claire CARRERE GEE, présidente du Conseil d'Orientation pour l'Emploi, de représenter la France au sein de cette task force et de l'animer en étroite collaboration avec la présidence mexicaine du G20.

02.01.2012

Face au chômage, la question du partage du travail refait surface

 LEMONDE | 27.12.11 Article de Claire Guélaud

 

Que faire, face à l'augmentation d'un chômage déjà massif ? A cette question lancinante en France, qui revêt une acuité particulière à l'approche de la présidentielle, il n'est pas de solution miracle. En période de récession, le chômage s'accroît mécaniquement. En période de croissance faible, c'est à peu près la même chose…

Faute de reprise, le gouvernement n'a pas d'autre choix que de mobiliser simultanément tous les outils de la politique de l'emploi. Il peut d'abord inciter au développement du chômage partiel, qui présente l'avantage de ne pas rompre le lien entre les salariés et leur entreprise. L'Allemagne y a massivement recouru en 2008-2009 ; la France nettement moins, et pendant un laps de temps jugé trop court par les partenaires sociaux, qui ont encore deux rendez-vous de négociations avant le sommet sur l'emploi du 18 janvier 2012.

CONTRATS AIDÉS

D'autres dispositifs pourraient être réactivés, comme la mesure "zéro charges" en cas d'embauches dans les très petites entreprises de moins de 10 salariés. C'est le point de vue que défendent le patronat ainsi que la présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi, Marie-Claire Carrère-Gée, dans un entretien aux Echos du 26 décembre.

La relance des contrats aidés, éventuellement assortis de formation, et leur meilleur ciblage sur les chômeurs de longue durée et les non qualifiés, constitue une autre piste d'action, estime Marion Cochard, chercheuse à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). "Les emplois jeunes des années Jospin ont souvent été critiqués parce qu'ils ont été occupés par des jeunes trop qualifiés. Réservons donc ce type de contrats aux publics les plus éloignés de l'emploi", préconise-t-elle.

"DANS UNE NASSE"

"Les jeunes ont été les premiers à pâtir de la détérioration de la situation économique. Dans les crises précédentes, la population active baissait fortement. Ce n'est pas le cas actuellement", analyse-t-elle. Cette situation accroît le risque de chômage de longue durée pour les jeunes.

"Nous sommes pris dans une nasse", confirme Gérard Cornilleau, directeur adjoint de l'OFCE. "On ne peut plus jouer sur les départs des seniors, dont on connaît par ailleurs les effets pervers. Et il est urgent de répondre aux problèmes des jeunes", ajoute-t-il. Mais au-delà, entre une récession hivernale et la perspective d'une croissance faible, la France, estime M. Cornilleau, "ne peut pas éviter de se reposer la question du partage du travail".

Le "travailler moins pour travailler tous" cher au PS et aux Verts – pas forcément dans sa version d'une baisse de la durée légale du travail – pourrait, quel que soit le prochain président, s'imposer comme une nécessité conjoncturelle et comme la moins mauvaise et la moins injuste des solutions en attendant une vraie reprise.

Interview de Marie-Claire CARRERE-GEE (RTL, journal de 18 heures, 26 décembre 2011)


podcast

Dépêche AFP (publication des chiffres du chômage, 26 décembre 2011)

 

PARIS (AFP) - Le chômage a atteint en novembre son plus haut niveau depuis 12 ans, avec 29.900 personnes supplémentaires sans aucune activité inscrites à Pôle emploi, pour atteindre un total de 2,8 millions de personnes, selon les chiffres du ministère du Travail publiés lundi.

En France métropolitaine, 2.844.800 demandeurs d'emploi étaient sans activité fin novembre (+1,1% sur un mois, +5,2% en un an), un niveau inégalé depuis les 2,849 millions recensés en novembre 1999.

En incluant les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite, 4.244.800 personnes étaient en quête de travail (+1,2% sur un mois, +5,6% sur un an), 4.510.500 avec les départements d'outre-mer.

"On prévoit une croissance nulle pour les 18 mois à venir et donc, naturellement, les entreprises n'embauchent pas et cherchent au contraire à diminuer leur personnel", a expliqué Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE, à l'AFP-TV.

"Pour 2012, on s'attend à une année tout à fait catastrophique. On s'attend à finir l'année avec un taux de chômage de l'ordre de 10,7%", a-t-il ajouté.

Le ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand a récemment repoussé la perspective d'un chômage à 10,4% fin 2012 comme le prévoit l'OCDE.

Néanmoins, le ministre ne prétend plus que le taux de chômage, qui a grimpé à 9,3% au troisième trimestre, sera repassé sous la barre des 9% à la fin de l'année. Il insiste sur le fait que les efforts du gouvernement, compliqués par la résurgence de la crise, vont finir par porter leurs fruits.

Lundi, il a simplement "pris acte" de la nette hausse du nombre de demandeurs d'emploi, y voyant une "conséquence directe du ralentissement de l’activité économique" et assurant qu'il restait "entièrement mobilisé".

De nombreux économistes estiment cependant difficile d'endiguer la hausse du chômage dans le contexte d'austérité actuel.

Face à l'urgence, le président Nicolas Sarkozy a convoqué pour le 18 janvier un sommet sur l'emploi, que la CFDT notamment réclamait depuis l'annonce, l'été dernier, du premier plan de rigueur concocté par le gouvernement.

"Le sommet pour l'emploi, en lui-même, sera un bon signal pour la confiance (...) car ce qui pénalise aujourd'hui les embauches, c'est moins la situation économique que pas assez de visibilité, pas assez de confiance", juge Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE).

Mme Carrère-Gée se dit convaincue que "l'Etat et les partenaires sociaux sauront agir vite et efficacement, comme en 2008-2009" avec par exemple des mesures en faveur de la simplification du chômage partiel, pour aider les TPE à embaucher ou augmenter les contrats aidés.

"Il faut un sommet social où le gouvernement fasse des efforts avec des choses très concrètes", plaide pour sa part Laurent Berger, secrétaire national CFDT en charge des questions d'emploi. Car "même si on ne s'attendait pas à un cadeau du Père Noël, les chiffres sont très, très mauvais", a-t-il relevé auprès de l'AFP.

De son côté, le PS a résumé le "bilan de Nicolas Sarkozy" à "un million de demandeurs d'emploi supplémentaires en une mandature". "Derrière les effets de manche, derrière les coups politiques - personne n'est dupe des visées électoralistes du +sommet pour l'emploi+ -, il est temps de s'en préoccuper à 4 mois de l'élection présidentielle", a commenté Alain Vidalies.

Le FN a observé pour sa part que "mois après mois, le gouvernement Sarkozy bat tous les records du chômage".

"Il faudrait naturellement un certain changement de politique économique", souligne de son côté Henri Sterdyniak, en s'interrogeant sur le report de l'âge de la retraite et la défiscalisation des heures supplémentaires.

© 2011 AFP

Interview de MARIE-CLAIRE CARRÈRE-GÉE, Présidente du Conseil d'Orientation pour l'Emploi (LES ECHOS, 26 décembre 2011)

 

PROPOS RECUEILLIS PAR DEREK PERROTTE

Pôle emploi dévoilera cet après-midi l'évolution du nombre de demandeurs d'emploi en novembre. Sauf surprise, il devrait progresser pour le septième mois d'affilée. A l'approche du sommet social du 18 janvier, Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE, présente ses recommandations.

Dans un contexte de rigueur et de récession, la hausse du chômage est-elle inéluctable en 2012 ?

A politique de l'emploi inchangée, oui, d'autant que la population active augmente. Mais il ne faut pas céder au fatalisme. Le problème vient plus du manque de visibilité, qui paralyse l'investissement et les créations d'emplois, que des fondamentaux des entreprises. Avec des mesures conjoncturelles adaptées, on peut amortir le choc. Les partenaires sociaux et l'Etat ont su le faire en 2009 en travaillant ensemble et sans posture. Ce même état d'esprit devra animer le sommet social de janvier.

Quelle doit être sa priorité ?

L'explosion depuis 2010 du chômage de longue durée est très inquiétante. Le principal danger est de voir un chômage structurel toujours plus fort s'installer. Aujourd'hui, 600.000 personnes sont inscrites à Pôle emploi sans avoir quitté la catégorie A depuis plus d'un an : elles ne travaillent plus du tout, même de manière très précaire, et leur employabilité peut s'effondrer. Avec le coup d'arrêt de l'intérim et des contrats courts, leur nombre va exploser si on ne fait rien.

Que préconisez-vous ?

La nouvelle feuille de route de Pôle emploi, qui permettra de consacrer plus de temps aux personnes les plus en difficulté, est un bon départ. Il faut aussi faire plus de contrats aidés et les faire plus intelligemment, par exemple en instaurant dans le secteur public des contrats aidés à temps partiel complétés par des temps de formation qualifiante. Le COE recommande aussi fortement de relancer le dispositif « zéro charge » sur les embauches des TPE, au moins pour les jeunes et les seniors. Les petites entreprises ont le plus fort potentiel de création d'emplois et leur situation n'est pas si mauvaise, mais il leur faut des coups de pouce. Il serait aussi utile d'instaurer des contrats de professionnalisation plus longs. Ils sont souvent trop courts pour acquérir les savoir-faire recherchés dans les métiers en tension.

On évoque beaucoup la relance du chômage partiel...

C'est impératif. Les suppressions de postes risquent de s'étendre aux CDI et le renforcement du chômage partiel a prouvé son efficacité en 2009. Mais on a alors monté dans l'urgence des dispositifs qui se superposent. Il faut à présent les simplifier, voire bâtir un système unique, et réduire les délais administratifs. L'objectif est que les entreprises n'aient plus qu'à appuyer sur un bouton dès que le besoin se fera sentir.

Le débat monte sur les accords compétitivité-emploi, qui permettraient de baisser les salaires en échange de maintien dans l'emploi...

C'est une piste intéressante. En France, le système de négociations d'entreprise est trop cloisonné. On discute d'un côté salaires, d'un autre emplois, d'un autre temps de travail, alors que ces enjeux sont très liés. Il faut une approche plus globale et coordonnée. Cela suppose une réelle évolution des pratiques mais les esprits sont mûrs. Après, c'est aussi aux employeurs de se montrer responsables. Ce type d'accords ne doit pas être un simple chantage à l'emploi.

Est-il temps de lancer des réformes structurelles ?

Commencer à les aborder lors du sommet social ne serait pas superflu. Il faut réformer le financement de la protection sociale pour abaisser le coût du travail. Et ce n'est pas 1 ou 2 points de cotisation qu'il faut transférer, mais au moins 5 pour créer un choc de compétitivité, en leur substituant un « mix » de prélèvements sur les ménages - sur la consommation ou sur les revenus -et les entreprises - en taxant la richesse produite et non plus les facteurs de production.

Vous représentez la France au sein de la « task force » chargée de coordonner les politiques pour l'emploi des pays du G20. Quelles sont vos priorités ?

Nous avons une grosse responsabilité envers les jeunes. Leur taux de chômage est très élevé dans tous les pays du G20, hormis l'Allemagne. C'est une grande victoire pour la France, à l'origine de la création de la « task force », que la régulation internationale ne soit plus uniquement financière et s'étende au social. La tâche sera complexe car les forces qui s'opposent à plus de régulation sont puissantes. Mais la porte est ouverte et on ne pourra plus la refermer.

Interview de Marie-Claire Carrere-Gee (L'Est Républicain, 28 déc. 2011)

Lutter contre la hausse du chômage à travers l’activité partielle vous paraît-il pouvoir offrir des perspectives nouvelles ?

Oui. La crise de 2009 l’a montré, l’activité partielle est toujours préférable aux licenciements. Il faut réactiver le chômage partiel, et le simplifier, pour qu’il entre dans la culture de toutes les entreprises de l’industrie et des services, ce qui n’est pas encore le cas actuellement.

Faut-il vraiment attendre des résultats du sommet social du 18 janvier ?

J’en attends beaucoup. Il faut des mesures conjoncturelles pour que cette mauvaise passe sur le plan économique, avec beaucoup d’incertitudes qui paralysent les embauches, n’ait pas de conséquences négatives sur le marché du travail. Dans de telles périodes, la politique de l’emploi peut se révéler très efficace. Il faut aussi, il me semble, que l’État et les partenaires sociaux abordent des questions plus structurelles sur la compétitivité de l’économie française.

La CGT parle d’un « énième plan de communication du président de la République…

- Je crois au dialogue social, même en année électorale. Ce dialogue est même tout à fait indispensable en matière d’emploi, où les compétences de l’État et des partenaires sociaux sont, en France, particulièrement imbriquées.

Vous préconisez de faire davantage de contrats aidés et de les faire plus « intelligemment ». C’est-à-dire ?

Les contrats aidés sont souvent critiqués. Mais en période économique difficile, pour un demandeur d’emploi, tout est préférable à un éloignement prolongé du marché du travail. Faire des contrats aidés intelligents, c’est par exemple, pour les jeunes, coupler un travail à mi-temps dans une association et une formation qualifiante.

La CGPME propose de porter la durée maximale des CDD de 18 à 30 mois…

À titre personnel, cela ne me paraît pas la priorité. Il est vrai qu’un CDD de 30 mois offre plus de perspectives à un salarié qu’un CDD de 6 mois… Mais je pense qu’il vaut mieux privilégier la flexibilité interne à l’entreprise, avec des CDI et l’activité partielle quand ça va mal, que la flexibilité externe. Par rapport à ses partenaires européens, la France a déjà beaucoup recours à l’intérim et aux CDD.

Propos recueillis par Antoine PETRY

07.12.2011

Comuniqué de presse du COE- G20 : Mme Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE, représentera la France au sein de la Task Force intergouvernementale sur l’emploi

 
 
 
 

 

Communiqué de presse

 

Le président de la République a confié àMarie-Claire CARRERE-GEE, présidente du Conseil d’Orientation pour l’Emploi, la mission de représenter la France au sein de la Task Force du G20 sur l’emploi instituée par le Sommet de Cannes.Marie-Claire CARRERE-GEEaura la charge d’animer cette Task Force en étroite collaboration avec la présidence mexicaine du G20. La Task Force travaillera d’abord sur l’emploi des jeunes.

« En se donnant les moyens de parvenir à la création de la Task Force sur l’emploi, le Président de la République n’a pas seulement fait aboutir une demande forte de la France, des syndicats et des entreprises, explique Marie-Claire CARRERE-GEE. Il a donné une impulsion décisive à une profonde et durable évolution du G20.
Plus jamais les questions sociales, c’est-à-dire les réalités de la vie de chacun, ne pourront être absentes des discussions, des conclusions et des engagements d’action du G20. L’emploi et la protection sociale devront être mis sur le même plan que les enjeux économiques et financiers.
C’est tout le sens de la création de la Task Force sur l’emploi, qui consacrera ses premiers travaux à l’emploi des jeunes. Les jeunes ont été les premières victimes de la crise, avec des conséquences très violentes et très graves sur leur insertion professionnelle comme sur leurs revenus. C’est un énorme gâchis humain et économique.

Accepter d’affronter ces défis et tout mettre en œuvre pour y répondre, c’est à la fois résoudre des difficultés humaines et se donner les moyens de retrouver la croissance et la confiance ».

Marie-Claire CARRERE-GEE engagera dans les prochains jours des discussions avec les syndicats, les représentants des entreprises, ainsi que les organisations de jeunes et d’étudiants pour connaître leurs attentes et leurs propositions. Elle sera attentive à toutes les contributions et à toutes les propositions qui pourront être faites, en France comme par les pays membres du G20 et les organisations internationales, pour qu’au-delà du recensement de bonnes pratiques en matière d’emploi des jeunes, des propositions d’action concrètes, crédibles et efficaces soient faites par la Task Force aux autorités politiques du G20.

 

Ancienne Secrétaire général adjoint de l’Elysée et conseillère sociale de Jacques CHIRAC, Marie-Claire CARRERE-GEE préside le Conseil d’Orientation pour l’Emploi depuis 2007. Elle est membre de la Conférence Nationale de l’Industrie.

03.12.2011

30 propositions contre le chômage de longue durée

Par MARC LANDRE, LE FIGARO

 

41% des demandeurs d'emploi cherchent un travail depuis plus d'un an.

Sans surprise, le taux de chômage a augmenté au troisième trimestre: de 0,2 point, à 9,3% de la population active en métropole, et de 0,1 point, à 9,7% DOM compris. Pour le ministre du Travail, Xavier Bertrand, cette progression est «la conséquence du ralentissement de la croissance» au trimestre précédent. Les jeunes de 15 à 24 ans sont les seuls à voir leur taux régresser, de 0,1 point, contrairement aux 25-49 ans et aux plus de 50 ans, où la part des chômeurs augmente de 0,1 et 0,3 point. Sur un an, le taux de chômage global régresse de 0,1 point. Selon l'Insee, il y a donc aujourd'hui 2,63 millions de chômeurs dans l'Hexagone.

 

La situation est particulièrement préoccupante pour les chômeurs de longue durée (sans emploi depuis plus d'un an) qui représentent désormais 41% des chômeurs, un niveau supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE. Pis, en élargissant la définition aux chômeurs ayant au moins 12 mois d'inscription dans les 18 derniers, ils représentent plus de la moitié des inscrits à Pôle emploi. En cinq ans, leur taux de chômage a bondi de 16,1%, soit 2,3 points de plus que le taux global.

Entretien au 9e mois

Les chances de retrouver un emploi se réduisant, passé une certaine ancienneté au chômage, les membres du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) ont adopté hier une trentaine de propositions pour tenter d'inverser la tendance. Ils préconisent de «renforcer la prévention» en améliorant l'orientation des jeunes, en poursuivant la po­litique de maintien dans l'emploi des seniors ou en donnant plus ­de moyens et de libertés aux conseillers Pôle emploi pour renforcer la personnalisation de l'accompagnement. Ils proposent la création d'un entretien approfondi au 9e mois de chômage «pour, le cas échéant, redéfinir le projet professionnel» puis un suivi beaucoup plus régulier.

Le COE préconise aussi de créer un contrat de professionnalisation à destination des métiers en tension et d'améliorer l'accès des chômeurs de longue durée aux aides à la mobilité. Il demande aussi la réactivation pour eux du dispositif «zéro charge» dans les TPE en ciblant les jeunes et les seniors. Il suggère enfin d'expérimenter un contrat unique d'insertion, de 7 heures par semaine comme pour le RSA, «dont le temps de travail serait augmenté sur la durée du contrat».

Le COE ouvre des pistes pour venir à bout du chômage de longue durée

LE POINT.FR

Le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) a avancé jeudi une série de propositions pour combattre le chômage de longue durée, parmi lesquelles le chômage partiel, des contrats aidés réservés à cette catégorie ou un accompagnement renforcé par Pôle emploi.

Les actifs au chômage depuis plus d'un an- considérés comme chômeurs de longue durée- ont fortement augmenté depuis 2008, sous l'effet de la crise, souligne dans un rapport le COE, organisme placé auprès du premier ministre.

En octobre, près de 1,6 million de personnes étaient inscrites à Pôle emploi depuis plus d'un an - soit près de 41% des chômeurs- certains ayant exercé une activité réduite.

Le chômage de longue durée est en France dans la moyenne des pays européens mais supérieur au niveau de l'OCDE et "les perspectives pour 2012 ne sont guère favorables", souligne le COE.

Certaines catégories semblent "plus exposées" - jeunes peu qualifiés, seniors, licenciés économiques- mais désormais "personne n'est protégé", les hommes comme les femmes, toutes les catégories socio-professionnelles.

Un point commun à tous: les chances de retrouver un emploi se réduisent "passée une certaine durée de chômage", souligne Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE.

Les conséquences sont lourdes: "risques de déqualification, de désocialisation, de pauvreté", transformation du chômage conjoncturel "en un chômage de type structurel, beaucoup plus difficile à résorber", ajoute-t-elle.

Le rapport avance une série de propositions, certaines pour prévenir ce type de chômage, d'autres pour favoriser le "retour à l'emploi" de ceux tombés dans cette affre.

L'une des mesures préconisées est "la relance dès à présent" du dispositif du chômage partiel, associant l'Etat et les partenaires sociaux. Pour l'encourager, il faudrait unifier et simplifier ses procédures, en mieux l'articulant avec la formation.

Le rapport propose aussi d'accorder une plus grande "autonomie" aux conseillers de Pôle emploi pour leur permettre un accompagnement plus personnalisé des chômeurs. "L'intensité de l'accompagnement des demandeurs d'emploi de longue durée doit être amélioré".

Autre piste: une partie des contrats aidés devraient être attribués à ces chômeurs. Un entretien de bilan deux mois avant la fin du contrat aidé est nécessaire.

Le COE propose aussi de "réactiver rapidement et pour une durée limitée à celle de la crise," la mesure "zéro charge en faveur des TPE" (très petites entreprises), en la ciblant sur les jeunes et les seniors pour en limiter le coût.

"Un contrat de professionnalisation" (alliant formation et travail) d'une durée plus longue que les contrats type actuels, pourrait être crée pour les chômeurs de longue durée qui souhaiteraient s'orienter vers des "métiers en tension", pour lesquels l'employeur ne trouve pas preneur.

"Des aides à la mobilité" seraient bienvenues pour favoriser la possibilité pour un chômeur de longue durée de prendre un emploi éloigné de son domicile (comme par exemple la gratuité des transports pendant un an).

Le COE propose aussi de "développer vigoureusement dans les marchés publics des administrations et des hôpitaux les clauses sociales permettant l'embauche de chômeurs de longue durée".

Quatre chômeurs sur dix le sont depuis plus d’un an (La Croix)

 

Alors que le nombre de demandeurs d’emploi repart à la hausse, un rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi met en évidence le poids considérable du chômage de plus d’un an.

C’est un point souvent peu mis en lumière dans les statistiques du chômage, qui est reparti à la hausse et atteint désormais 9,7 %, et pourtant ce n’est pas le moins préoccupant. Quasiment inexistant au début des années soixante-dix, le chômage de longue durée, qui désigne la situation des actifs qui sont au chômage depuis un an ou plus, concerne près de 4 chômeurs sur dix en France, selon un rapport adopté jeudi 1er décembre par le Conseil d’orientation de l’emploi.

Selon les statistiques de Pôle emploi, on compte 1,6 million de demandeurs d’emploi de plus d’un an, soit 38 % de l’ensemble des demandeurs d’emplois. Selon les chiffres de l’enquête emploi de l’Insee, qui compte différemment les demandeurs d’emploi pour permettre des comparaisons internationales, plus d’un million de personnes font partie de ces chômeurs de longue durée, soit 40,1 %. Mais, fait aggravant, quel que soit le mode de calcul, près de la moitié de ces chômeurs de longue durée le sont depuis plus de deux ans. En moyenne, l’ancienneté au chômage est de 14 mois, selon le comptage Insee, 458 jours selon les chiffres de Pôle emploi.

10 points au-dessus de la moyenne de l’OCDE

La crise a bien sûr alimenté le phénomène puisque « le nombre de chômeurs de longue durée a augmenté de 18 % (contre 16 % pour le chômage total) », note le COE. Pour autant, ce n’est pas tant cette augmentation récente, moins élevée en France que dans les autres pays de l’OCDE, mais le niveau « structurellement élevé en France » du chômage de longue durée qui est inquiétant. Depuis 1983, il n’est effet jamais descendu en dessous de 31 %, et a été en moyenne de 38,6 %, selon le comptage de l’Insee. Bref, écrit, le COE, « sur le long terme, il évolue autour de 40 % environ », un niveau comparable à la moyenne de l’Union européenne, mais supérieur de près de 10 points à la moyenne des pays de l’OCDE.

Plus personne ne semble protégé

Si des profils fragiles (les seniors, les personnes peu qualifiées, les licenciés économiques, etc.) peuvent être identifiés, l’installation dans la durée du phénomène a favorisé, écrit le rapport, « une diffusion du risque de chômage de longue durée à l’ensemble de la population ». Bref, plus personne ne semble protégé. Même si le risque de chômage est toujours moindre pour les cadres, « une fois au chômage, les cadres, les professions intermédiaires, les employés et les ouvriers connaissent le même risque de rester plus d’un an au chômage », écrit ainsi le COE. Or, rappellent les experts, le chômage de longue durée est « lourd de conséquences ». En particulier, « un demandeur d’emploi de longue durée a environ deux fois moins de chances de reprendre un emploi qu’un autre demandeur d’emploi ».

Face à ce phénomène, les politiques publiques sont pour l’instant restées relativement impuissantes. Tout en soulignant qu’une politique efficace passe « d’abord par des politiques macroéconomiques favorisant la croissance et l’emploi », le Conseil d’orientation pour l’emploi fait toutefois une trentaine de propositions, déclinées autour de trois axes.

Un contrat de professionnalisation orienté vers les métiers en tension

Côté prévention, il demande par exemple une relance des dispositifs de chômage partiel, pour éviter des licenciements économiques en cas de baisse des commandes. Le COE veut aussi muscler l’accompagnement en instituant au neuvième mois de chômage un entretien visant entre autre à « redéfinir sur la base d’un bilan de compétences le projet professionnel ». Il souhaite également « réexaminer la question des effets incitatifs du système d’indemnisation », ce qui revient à poser la question d’un éventuel retour à la dégressivité des allocations.

Enfin, il veut favoriser les aides à la mobilité, faciliter l’accès aux contrats aidés des chômeurs de longue durée non indemnisés, relancer la mesure « zéro charge » pour les très petites entreprises (TPE), mais uniquement pendant la crise et en la ciblant sur les jeunes et les seniors. Il veut enfin pouvoir proposer aux chômeurs de longue durée un contrat de professionnalisation orienté vers les métiers en tension.

 

 

NATHALIE BIRCHEM   

28.09.2011

Emploiparlonsnet.fr

Des idées contre la crise. Marie-Claire Carrère-Gée : « Il faut réduire les charges sociales qui pèsent sur le travail et pénalisent l’emploi »

La présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi* évoque des pistes de réflexion pour lutter contre la crise.

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Quel est votre diagnostic sur l’emploi en France ?
La situation actuelle du marché du travail est fortement marquée par l’empreinte de la crise, ce qui nécessite des mesures conjoncturelles importantes. La crise a laissé de grandes cicatrices : l’augmentation du chômage de longue et très longue durée, la progression du chômage des seniors et un chômage des jeunes qui reste à un niveau très élevé. Cette situation impose de ne pas relâcher nos efforts en matière d’emploi, et même de les renforcer. Il faut d’abord, une politique économique favorable à l’emploi. Mais il faut aussi encourager les embauches. Je regrette ainsi que les exonérations de charges pour l’embauche dans les TPE, mises en place pendant la crise, aient été supprimées, les petites entreprises étant très dynamiques en terme de création d’emploi en période de croissance, mais également plus vulnérables que les grandes sociétés en cas de retournement de la conjoncture.
 
Quelle autre mesure conjoncturelle vous paraît pertinente ?
Les contrats aidés constituent un outil puissant en cas de crise pour sortir du chômage de longue durée. Il faut l’utiliser pleinement, sans le réduire à sa dimension sociale, en veillant à la qualité des emplois proposés. Je comprends que, compte tenu des contraintes budgétaires, les volumes de contrats aidés soient programmés au plus juste, avec des réouvertures de crédits lorsque le besoin s’en fait sentir, mais il  faut prendre garde au « stop and go ». On ne peut pas, en permanence, alternativement fermer les vannes pour les rouvrir ensuite.
 
D’un point de vue structurel, quelles sont vos propositions ?
Il y a beaucoup de travail à accomplir, qu’il s’agisse de poursuivre les réformes déjà engagées ou de réformes nouvelles.
En ce qui concerne les réformes déjà engagées et qui doivent s’inscrire dans une ambition plus forte, je citerai tout d’abord le service public de l’emploi et l’accompagnement des demandeurs d’emploi. La création de Pôle emploi était indispensable : elle a permis de faire le lien entre indemnisation et accompagnement. Il faut aujourd’hui rajouter  une brique supplémentaire, la formation, afin que l’ensemble indemnisation-accompagnement-formation fonctionne de manière plus cohérente et plus efficace. 
 
Il n’est pas normal que le taux d’accès à la formation des demandeurs d’emploi soit aussi modeste, ni que les chômeurs les plus qualifiés soient ceux qui bénéficient le plus de la formation, ni que, dans 40% des cas, six mois s’écoulent entre la prescription de la formation et sa réalisation. Cela implique de remettre à plat la gouvernance de la formation. Certes, avec la crise, les différents partenaires ont essayé de mobiliser leurs efforts dans la même direction, mais il faut inscrire cela dans une logique plus pérenne et désigner un pilote. L’éclatement des compétences – on le voit également pour l’emploi des jeunes, avec l’imparfaite gouvernance des missions locales,– nuit globalement à l’efficacité.
 
Vous avez également réfléchi à l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes…
Des réformes ont été engagées pour améliorer les choses, mais l’orientation se fait encore trop souvent par défaut, non par choix. La majorité des jeunes manque de visibilité sur les métiers et les secteurs économiques. Le Conseil d’Orientation pour l’Emploi prône qu’une journée par trimestre à partir de la 5e soit consacrée à la découverte des métiers et de l’entreprise. Et cela pour tous les élèves, pas seulement ceux qui sont en situation d’échec.
 
C’est un travers bien français que de ne sensibiliser les élèves à la vie professionnelle que lorsqu’ils ne réussissent pas à l’école. Cela stigmatise ces jeunes et c’est un contresens économique. Nous proposons aussi de mettre en place au lycée, en 1ère ou en Terminale, des tests anonymes, que les élèves pourraient passer s’ils le souhaitent pour évaluer leurs chances de réussite dans telle ou telle filière.  Cela leur permettrait de reconsidérer à temps leur avenir professionnel, ou de savoir dès le départ qu’il faudra mettre les bouchées doubles pour réussir !
 
Nous demandons également que les taux d’insertion professionnelle de chaque formation soient systématiquement évalués en fonction d’un même référentiel national et rendus publics, pour que les jeunes sachent par avance où ils s’engagent.
 
Autre champ d’action essentiel : la lutte contre l’illettrisme. Le COE a montré que, sur 3,1 millions de personnes illettrées, 1,7 million est sur le marché du travail. En cas de licenciement, ces personnes se retrouvent totalement démunies pour retrouver un emploi, l’écrit ayant pris une place importante dans tous les emplois, y compris ceux que l’on considère traditionnellement comme « non qualifiés ». Outre les formations dispensées via Pôle emploi, il est nécessaire d’intensifier les actions contre l’illettrisme sur les lieux de travail et en direction des jeunes.
 
En marge des travaux menés par le COE, quelle piste prôneriez-vous à titre personnel ?
Ma conviction, c’est que les charges sociales qui pèsent sur le travail sont excessives et pénalisent l’emploi. Pour créer un véritable choc de compétitivité, je propose d’opérer un basculement important de ces charges, environ 5 points dans un premier temps, sur d’autres assiettes que le facteur travail. Je dis bien : plusieurs prélèvements, et pas un seul : on n’imagine pas basculer 5 points de cotisations sur la TVA, par exemple ! Les risques inflationnistes seraient trop importants, sans parler des enjeux de justice sociale. Par ailleurs, ce « mix » de prélèvements appelé à remplacer 5 points de cotisations sociales ne peut uniquement peser sur les ménages. Les entreprises doivent continuer à prendre leur part du financement de la protection sociale, c’est d’ailleurs aussi leur intérêt. Mais en contribuant sur d’autres assiettes que le travail. C’est un juste équilibre qui doit être trouvé entre des prélèvements sur les ménages, les entreprises et les produits importés, via la consommation.
 
Pascale Colisson – lesinfluences.fr
 
*Le Conseil d’orientation pour l’emploi s’est donné pour mission de favoriser le dialogue entre tous les acteurs de l’emploi – Etat, partenaires sociaux, service public de l’emploi, missions locales… - afin de permettre l’émergence de propositions utiles et opérationnelles concernant l’emploi.

"Il faut pousser les feux sur les contrats aidés et réactiver le dispositif zéro charge pour les TPE" Interview de Marie-Claire CARRERE-GEE, La Tribune, 26 septembre 2011


La présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi commente pour La Tribune les derniers chiffres de l'emploi et évoque quelques pistes pour inverser la tendance haussière du chômage français. Après trois mois de hausse, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A est en baisse à la fin août (-2.000) et s'établit à 2.757.500 en France métropolitaine.


Est-ce bon signe ?

On a effectivement une stabilisation ce mois-ci du nombre des demandeurs d'emplois en catégorie A, après une hausse significative le mois précédent (+ 36.100). Je vois également d'autres signes positifs
comme la baisse du nombre de premières entrées au chômage ou la hausse de 10% des offres d'emplois durables (plus de six mois). Le chômage des jeunes régresse également, même s'il reste encore à un niveau très élevé.


Tous les indicateurs ne sont toutefois pas au vert... 

En effet, le nombre de demandeurs d'emplois, toutes catégories
confondues, augmente au mois d'août (+ 20.000), tout comme celui des chômeurs des plus de 50 ans. Le chômage de longue durée qui concernait 1,7 millions de personnes à la fin août est également très préoccupant.
Je note par ailleurs que parmi les motifs de sorties de Pôle emploi à la fin août, le nombre des radiations est en baisse, tandis que celles liées à des "cessations d'inscription pour défaut d'actualisation" augmente de manière très significative : + 12.000 en un mois. Ces chiffres ne poussent guère à l'optimisme... Ils confirment le contexte économique morose, avec un rythme de croissance qui s'est ralenti, de fortes incertitudes internationales et une économie qui continue de créer des emplois, mais à un rythme moins soutenu qu'au premier trimestre. Dans le même temps, la population active augmente de 150.000 personnes cette année. Il faut donc un volume de créations d'emplois plus important pour absorber ces nouveaux arrivants sur le marché du travail. Ce qui n'est pas le cas.

Que peut-on faire pour inverser cette tendance ?

Je plaide pour une politique de l'emploi efficace et de nature à rassurer les entreprises qui, dans un contexte d'incertitudes, regardent à deux fois avant d'embaucher.
Comme l'OCDE, je plaide pour un renforcement des aides à l'embauche, ciblées notamment sur les jeunes et les plus de 50 ans.
Je pense également qu'il convient d'aider les très petites entreprises à embaucher, en réactivant le dispositif "zéro charge". Je pense enfin qu'il faut pousser les feux sur les contrats aidés en veillant tant à leur qualité qu'à leur nombre. Pourquoi ne pas recréer des "contrats passerelles", qui permettaient à des jeunes d'acquérir une première expérience professionnelle ? .

12.07.2011

Non, les Français ne sont pas protectionnistes ! (LE FIGARO, 11 juillet 2011)

 

Avec le débat présidentiel vient le temps des slogans, d’autant plus mousseux sur le plan médiatique qu’ils surfent sur des peurs collectives. La «démondialisation» et autres «retour du protectionnisme» font ainsi la une des gazettes. Si l’on en croit un sondage IFOP réalisé pour une association « Manifeste pour un débat sur le libre-échange », les Français applaudiraient : à 65%, ils plébisciteraient le protectionnisme.

Pourtant, la lecture des questions posées dans ce sondage invite à ne pas en tirer de conclusions hâtives. Après avoir indiqué aux sondés qu’ « aujourd’hui, les produits importés de pays comme la Chine ou l’Inde sont peu taxés en France », les questions réduisent la mondialisation aux seuls produits chinois ou indiens et proposent, comme seule option pour s’en sortir, la seule augmentation des droits de douane ! Tout est à l’avenant : les sondeurs parviennent même à faire dire à 57% des Français que l’ouverture à la Chine et à l’Inde a fait grimper les prix en France !

Le Conseil d’Orientation pour l’Emploi, instance indépendante, a de son côté réalisé une étude pour connaître le ressenti des salariés. Cette étude ayant été effectuée sans a priori, ses questions sont naturellement beaucoup plus ouvertes : nous avons choisi d’interroger l’ensemble du cerveau des sondés, pas seulement, si l’on peut dire, leur …« cerveau reptilien » ! De ce fait, les conclusions de notre sondage  ne sont pas identiques.

D’abord, le ressenti des salariés est, comme les effets de la mondialisation, complexe. Sur les grandes questions générales, les Français sont partagés : 48% pensent que la mondialisation est globalement une bonne chose, 52% plutôt une mauvaise chose. Les adversaires farouches de la mondialisation sont très peu nombreux (9%), de même que ses partisans enthousiastes (4%). Et cela avec de grands écarts entre les jeunes et les plus âgés, de même qu’entre les cadres et les ouvriers.

Plus on se rapproche de sujets qui touchent de près les salariés, plus les réponses sont négatives. Mais ce que l’on constate alors, c’est un décalage entre un pessimisme collectif assez large et une confiance individuelle plus robuste : si trois salariés sur quatre pensent que la mondialisation a des effets négatifs pour l’emploi en France, un salarié sur quatre a des craintes pour son propre emploi.

Si maintenant, on s’intéresse à ce que nous disent les salariés des effets de la mondialisation sur leur propre entreprise ou sur leur propre emploi, les réponses sont loin d’être simplistes. La moitié des salariés déclarent travailler dans une entreprise qui n’est pas concernée par la mondialisation. Au sein de l’autre moitié, 45% indiquent qu’elle a eu des effets positifs pour l’entreprise, 30% des effets négatifs, 25% pas d’effet notable. Lorsqu’ils existent, ces effets ont un « double visage » : à la fois plus d’opportunités liées à de nouveaux marchés et à de nouveaux produits (60%), mais aussi des réductions de coûts et des délocalisations (environ 50%).

Seulement un tiers des salariés a constaté des effets de la mondialisation sur son propre emploi. Ces effets sont dans l’ensemble négatifs et concernent surtout les salaires et les conditions de travail.

Pour lutter contre les effets négatifs de la mondialisation,  ce qui frappe est l’absence de frilosité des salariés. Pour ne pas être les perdants de la mondialisation, ils sont entre 70 et 80% à dire : « développer de nouvelles productions», « former les salariés », « instituer un socle mondial de protection sociale », «faire des  investissements d’avenir », « diminuer le coût du travail en baissant les charges sociales ».La demande de protection existe, mais elle est plus de dix points derrière, citée par 60% des sondés.

Bien sûr, les Français demandent plus de régulation pour les échanges mondiaux. Mais s’ils se prononcent en faveur du renforcement des normes environnementales ou sociales, ce n’est pas pour « démondialiser » ou faire du protectionnisme ! Ce n’est pas pour garantir aux seuls habitants d’un village gaulois à l’abri et des échanges commerciaux le bénéfice d’un air pur ou d’une protection sociale ! C’est pour que le commerce soit loyal, c’est aussi et surtout pour protéger la planète et l’ensemble de ses habitants.

Nos concitoyens savent que la mondialisation agit comme un projecteur extrêmement puissant, qui éclaire tant les atouts que les carences d’une économie ou d’une entreprise, et cela avec des récompenses et des sanctions aussi fortes qu’immédiates. Ils savent aussi que de plus en plus de produits sont « made in Monde ».

Le message adressé aux politiques est très clair : la mondialisation est là. Alors, faites les réformes nécessaires pour que notre économie soit plus performante et plus compétitive, soyez convaincants à l’occasion du G20 pour que la protection sociale bénéficie progressivement au plus grand nombre. Cessez d’être naïfs dans les négociations internationales. Visez le brevet du meilleur exportateur plutôt que celui du meilleur libre-échangiste ou du meilleur élève en droit de la concurrence!

Toutes les études le montrent, dans beaucoup de pays occidentaux et pas seulement en France, la mondialisation fait peur. Aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, comme en France, les occidentaux craignent pour l’emploi. Chez nous, à l’approche des présidentielles, les candidats sauront-ils percevoir toute la richesse et l’ambition du message des Français ? Ou ne retiendront-ils que la peur ?

 

Marie-Claire Carrère-Gée

Présidente du Conseil d’Orientation pour l’Emploi

 

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