Le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) a avancé jeudi une série de propositions pour combattre le chômage de longue durée, parmi lesquelles le chômage partiel, des contrats aidés réservés à cette catégorie ou un accompagnement renforcé par Pôle emploi.
Les actifs au chômage depuis plus d'un an- considérés comme chômeurs de longue durée- ont fortement augmenté depuis 2008, sous l'effet de la crise, souligne dans un rapport le COE, organisme placé auprès du premier ministre.
En octobre, près de 1,6 million de personnes étaient inscrites à Pôle emploi depuis plus d'un an - soit près de 41% des chômeurs- certains ayant exercé une activité réduite.
Le chômage de longue durée est en France dans la moyenne des pays européens mais supérieur au niveau de l'OCDE et "les perspectives pour 2012 ne sont guère favorables", souligne le COE.
Certaines catégories semblent "plus exposées" - jeunes peu qualifiés, seniors, licenciés économiques- mais désormais "personne n'est protégé", les hommes comme les femmes, toutes les catégories socio-professionnelles.
Un point commun à tous: les chances de retrouver un emploi se réduisent "passée une certaine durée de chômage", souligne Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE.
Les conséquences sont lourdes: "risques de déqualification, de désocialisation, de pauvreté", transformation du chômage conjoncturel "en un chômage de type structurel, beaucoup plus difficile à résorber", ajoute-t-elle.
Le rapport avance une série de propositions, certaines pour prévenir ce type de chômage, d'autres pour favoriser le "retour à l'emploi" de ceux tombés dans cette affre.
L'une des mesures préconisées est "la relance dès à présent" du dispositif du chômage partiel, associant l'Etat et les partenaires sociaux. Pour l'encourager, il faudrait unifier et simplifier ses procédures, en mieux l'articulant avec la formation.
Le rapport propose aussi d'accorder une plus grande "autonomie" aux conseillers de Pôle emploi pour leur permettre un accompagnement plus personnalisé des chômeurs. "L'intensité de l'accompagnement des demandeurs d'emploi de longue durée doit être amélioré".
Autre piste: une partie des contrats aidés devraient être attribués à ces chômeurs. Un entretien de bilan deux mois avant la fin du contrat aidé est nécessaire.
Le COE propose aussi de "réactiver rapidement et pour une durée limitée à celle de la crise," la mesure "zéro charge en faveur des TPE" (très petites entreprises), en la ciblant sur les jeunes et les seniors pour en limiter le coût.
"Un contrat de professionnalisation" (alliant formation et travail) d'une durée plus longue que les contrats type actuels, pourrait être crée pour les chômeurs de longue durée qui souhaiteraient s'orienter vers des "métiers en tension", pour lesquels l'employeur ne trouve pas preneur.
"Des aides à la mobilité" seraient bienvenues pour favoriser la possibilité pour un chômeur de longue durée de prendre un emploi éloigné de son domicile (comme par exemple la gratuité des transports pendant un an).
Le COE propose aussi de "développer vigoureusement dans les marchés publics des administrations et des hôpitaux les clauses sociales permettant l'embauche de chômeurs de longue durée".







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